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mercredi 11 novembre 2009

Origine du terme Poilu

Poilu, est le surnom donné aux soldats français pendant la Première Guerre mondiale.
Ce surnom vient de la signification du mot « poilu » désignant à l'époque dans le langage familier ou argotique quelqu'un de courageux, de viril (cf. par exemple l'expression plus ancienne « un brave à trois poils », que l'on trouve chez Molière), ou l'admiration portée à quelqu'un « qui a du poil au ventre ».

Dans son ouvrage L'Argot de la guerre, d'après une enquête auprès des officiers et soldats, Albert Dauzat donne la même explication :
« Avant d’être le soldat de la Marne, le « poilu » est le grognard d’Austerlitz, ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! »
À l’armée, les soldats s’appellent officiellement « les hommes ». Mais depuis 1914, dit Albert Dauzat, le terme « poilu » désigne pour le civil « le soldat combattant » qui défend notre sol, par opposition à « l’embusqué ».

Une version populaire de la signification prétend que le surnom fut donné pendant la Grande Guerre, du fait des conditions de vie des soldats dans les tranchées. Ils laissaient pousser barbe et moustache et, de retour à l'arrière, paraissaient tous « poilus ». Cette version ne peut trouver de fondements que dans les débuts de la guerre, car dès lors que les gaz firent leur apparition, les masques à gaz bannirent la barbe des visages des soldats ainsi que du règlement militaire.
De plus, les journaux qui transmettaient les informations sur la guerre et le front, étaient directement sous l'autorité de la censure et de l'armée, et n’utilisaient pas ce surnom. D'ailleurs, puisqu'il était interdit de diffuser des images prises en première ligne, celles illustrant journaux et cartes postales mettent en scène des acteurs ou au mieux des permissionnaires, non tenus aux exigences des premières lignes.

Dans les différents pays qui prirent part à la Première Guerre Mondiale, les combattants eurent aussi des surnoms. Aussi contrairement à une idée actuellement répandue en France, le terme « poilus » reste uniquement appliqué aux combattants français.
En revanche chaque nation avait, à l’époque, un surnom équivalent pour ses propres soldats :
▪ Allemagne : Les Michel’s
▪ Angleterre : Tommies
▪ Belgique : Les Jass (Manteau imperméable en néerlandais)
▪ États-Unis : Doughboys, les Sammies
▪ Australie : Diggers (« ceux qui creusent »)
▪ Turquie: Mehmetçik (lire Méhmédtchique, littéralement 'petit Mehmet', allusion au nom du prophète Mahomet)

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