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dimanche 10 mars 2013

Le conclave le plus long

Après la mort de Clément IV, en 1268, les Catholiques durent attendre trois ans pour connaître le nom de leur nouveau Pape. Les 18 cardinaux électeurs de l'époque, trop divisés, ne parvenaient pas à s'entendre.
Saint Bonaventure suggéra d'enfermer les prélats sous clef (cim clave, conclave) et de leur couper les vivres dans le palais où ils étaient réunis, à Viterbe, dans le centre de l'Italie. Le maire, exaspéré, ordonna même d'ôter le toit de l'enceinte.
Cette très longue élection conduisit l'archidiacre Grégoire X à fixer les bases des conclaves tels que nous les connaissons.

Jean-Paul II, dans sa Constitution apostolique Dominici gregis, en 1996, imposa la chapelle Sixtine comme lieu fixe du vote. Les Cardinaux ne doivent avoir aucun contact avec l'extérieur : ni courrier, ni téléphone, ni tweets, bien sûr.




Source : lexpress.fr

mercredi 20 février 2013

Qu'est ce que l'épectase ?

L’épectase est, chez les chrétiens, le progrès de l’homme vers Dieu (le terme est repris par Grégoire de Nysse, principalement dans sa Contemplation sur la vie de Moïse et dans ses Homélies sur le Cantique des cantiques).
L’épectase est également, dans son sens plus connu, le décès pendant l'orgasme. 

En 1974, le cardinal français Jean Daniélou trouve la mort dans des circonstances embarrassantes pour l’Église catholique romaine : on trouve son corps chez une prostituée. L’Église Catholique expliqua alors que le cardinal visitait fréquemment les malades et les prostituées. L'éloge funèbre du père Tilliette dans le Figaro indiquait que c’est "dans l’épectase de l'Apôtre qu’il est allé à la rencontre du Dieu Vivant". 
Le cardinal Daniélou a en effet abondamment commenté la notion d'épectase dans son ouvrage sur Grégoire de Nysse, Platonisme et théologie mystique, en 1944. Ce terme était d’ailleurs tellement associé à J. Daniélou pour ses confrères que le volume d'études universitaires écrit en son honneur a été publié sous le titre Epektasis. 
C'est Le Canard enchaîné, peu convaincu, plaisante sur le mot, qui lui donne ainsi cette seconde signification qu’il n’avait pas au départ.



Bien que chronologiquement inexacte, il est possible de citer comme illustration de ce sens dérivé la mort du président Félix Faure, advenue dans le salon bleu du palais de l'Élysée et selon la rumeur suite à une fellation administrée par sa maîtresse Marguerite Steinheil.

lundi 20 février 2012

La véritable signification du terme "Halal"

Dans l'islam, le mot halal ("permis", "licite"), définit ce qui est permis pour le musulman et haram ce qui est un péché et ce qui est sacré, et qui est donc interdit. 


Dans le domaine alimentaire, pour que la viande soit halal, il faut que l'animal égorgé vivant ne soit pas préalablement étourdi et ait la tête tournée vers La Mecque pour qu'il se vide de son sang. Un musulman doit lui couper la carotide et les jugulaires, tout en prononçant des paroles sacrées : Bismillah allahou akbar (Au nom de Dieu le plus grand). 
En principe tout ce qui provient de la mer est halal (licite). Au delà de cet aspect général du Halal dans l'alimentaire, plusieurs produits transformés ne sont pas Halal à cause de l'origine de l'un de leurs ingrédients ou additifs. 


Viande Halal


Le Coran et la sunna spécifient les aliments haram ainsi que les conditions sous lesquelles certains aliments deviennent halal : 
"Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité.


Enfin, selon l'association Islamic Concern for Animals pour qu'une viande soit halal, il ne suffit pas que la viande soit issue d'un processus obéissant à certaines règles strictement alimentaires : il faut aussi que le traitement de l'animal vivant suive les principes musulmans ; ainsi pour elle, il n'est pas halal d'élever un animal comme une machine (en élevage intensif par exemple), les animaux aussi méritant compassion, puisqu'ils sont, comme les hommes, des créatures de Dieu.

jeudi 2 février 2012

Les proverbes de la Chandeleur

La Chandeleur est une fête religieuse chrétienne officiellement appelée la Présentation du Christ au Temple. On disait aussi autrefois Hypapante. Elle commémore la Présentation de l'enfant Jésus au Temple de Jérusalem et la purification (ou les relevailles) de sa mère, la sainte Vierge (Luc 2, 22). 


Le nom populaire de cette fête en français, Chandeleur, a une origine latine et païenne : la festa candelarum ou fête des chandelles, d’après une coutume consistant à allumer des cierges à minuit en symbole de purification. C'est en 1372 que cette fête est officiellement associée à la purification de la Vierge. Aujourd’hui, on connaît surtout la Chandeleur en tant que jour des crêpes. On raconte que c’est le pape Gélase Ier qui, au Ve siècle, faisait distribuer des crêpes aux pèlerins qui arrivaient à Rome. 


À la Chandeleur, l'hiver se meurt ou prend vigueur
À la Chandeleur, au grand jour, les grandes douleurs
À la Chandeleur, grande neige et froideur
À la Chandeleur, la neige est à sa hauteur, ce qui signifie que c'est souvent à cette date que l'épaisseur de la neige est à son maximum au Québec. 
À la Chandeleur, le froid fait douleur
À la Chandeleur, le jour croît de deux heures
À la Chandeleur, Rose n'en sentira que l'odeur
Rosée à la Chandeleur, l'hiver à sa dernière heure
Si la Chandeleur pleure, l'hiver ne demeure
Si la chandelle est belle et claire, nous avons l'hiver derrière
Si le ciel n'est ni clair ni beau, nous aurons plus de vin que d'eau (Bordelais).


Crêpe Chandelleur

mardi 1 novembre 2011

L'origine du mot "Armageddon"

Armageddon
Armageddon vient de l'hébreu signifiant "colline de Megiddo", colline qui se trouve en Galilée dans la région nord de l’État d'Israël.
En 609 av.J.C., le roi Josias du royaume du sud, royaume de Juda, est défait et tué sur la colline fortifiée de Megiddo (Har Megiddo) par le pharaon Nékao II. Cette défaite, alors que le Dieu des défenseurs de Mégiddo était censé les protéger, est ressentie comme une catastrophe traumatisante, et c'est en son souvenir que le terme Armageddon est ensuite employé pour qualifier une destruction catastrophique.


Le terme n'apparaît qu'une fois dans la Bible, dans le livre de l'Apocalypse (Ap XVI,16), qui en parle comme d'un événement à venir : "Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon".
Armageddon est depuis cet un lieu symbolique du combat final entre le Bien et le Mal.

mercredi 27 juillet 2011

La plus grande statue du Christ au monde

Statue du Christ Roi
La plus haute statue du Christ au monde se trouve en Pologne, à Swiebodzin très exactement, petite ville de 40.000 habitants dans l’ouest du pays. Achevée en novembre 2010, la Statue du Christ Roi (en polonais : Pomnik Chrystusa Króla) détrône celle du Christ Rédempteur qui domine la ville de Rio de Janeiro. La statue mesure au total 36 mètres, contre 33 mètres pour la brésilienne. Elle repose sur une butte de terre haute de 16 mètres. Comme le Christ de la Concordia en Bolivie et le Christ du Rio de Janeiro, la statue de Swiebodzin est toute blanche, la seule différence, elle porte une couronne dorée, haute de trois mètres.

Comparatif statues

mercredi 4 mai 2011

L’origine de l’expression « l’avocat du Diable »

Lors de procès de béatification et de canonisation par l'Église catholique romaine, le promoteur de la foi (en latin promotor fidei), ou, plus familièrement, avocat du diable (advocatus diaboli), est chargé d'argumenter contre la canonisation d'un candidat. Ce poste fut établi en 1587 par Sixte V.
Dans la constitution apostolique Divinus perfectionis Magister, du 25 janvier 1983, le pape Jean-Paul II a précisé ses fonctions :
- présider aux réunions des théologiens dans les causes de canonisation et y donner son avis ;
- faire un rapport de ces réunions ;
- assister à la congrégation des cardinaux et évêques et y donner son avis, sans droit de vote.

Par extension, on parle "d'avocat du diable" pour désigner une personne défendant une position en laquelle elle ne croit pas nécessairement, simplement pour alimenter la discussion, ou présenter un contre-argument à la position d'un autre débatteur parfois selon la méthode dialectique. Ce processus peut permettre de tester la qualité de l'argument original et de présenter ses faiblesses à son défenseur.
On l'emploie également toujours par extension pour désigner celui qui, tel un avocat, défend quelqu’un d’indéfendable, en l'innocence duquel personne ne croit.

mardi 22 mars 2011

L’origine du mot "Capharnaüm"

Capharnaüm (ou Capernaüm ou Kefar Nahum) était une ville de l'ancienne province de Galilée, sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade au nord de l'État d'Israël. Son nom vient de l'hébreu Kfar (village) et Nahum (compassion, consolation).
C’est là que Jésus, chassé de Nazareth, vint trouver refuge, auprès de ses premiers disciples.
Le terme est aujourd’hui synonyme de grand désordre car Jésus y aurait été assailli par une foule de malades cherchant la guérison.
"Après quelque temps, Jésus rentra à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était dans la maison.
Il s’y rassembla tant de gens qu’il n’y avait plus de place, même aux abords de la porte ; et il leur donnait l’enseignement.
Et on vient amenant vers lui un paralytique, porté à quatre.
Et, comme ils ne pouvaient l’amener jusqu’à lui à cause de la foule, ils découvrirent le toit à l’endroit où il était, et, ayant fait une ouverture, ils descendirent le grabat où le paralytique était étendu.
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : "Mon fils, tes péchés sont remis." - Evangile selon Saint Marc, chap 2 ; verset 1 – 12.

Capharnaum Synagogue
Le village fut gravement endommagé par un tremblement de terre en 746 et fut reconstruit un peu plus loin au nord-est. Celui-ci fut néanmoins abandonné, déclin dont on connaît mal les raisons et que l’on situe au cours du XIe siècle.
Le site fut redécouvert en 1838 par Edward Robinson, un Américain spécialiste de géographie biblique. On trouve actuellement sur le site les restes de l'ancienne ville de Capharnaüm :
- les vestiges de la synagogue dans laquelle Jésus  serait venu prêcher et où il aurait guéri l'esclave du centurion (en photo) ;
- la maison de Saint-Pierre au-dessus de laquelle a été construite une église catholique moderne ;
- l'église grecque-orthodoxe des Douze-Apôtres construite en 1931 à l'emplacement où fut reconstruit le village de Capharnaüm après le tremblement de terre de 746 ;
- un couvent franciscain est à l'entrée du site ;

mardi 8 mars 2011

L’origine du mot « Carnaval »

L’origine du mot "carnaval" provient de l’italien carnevale qui dérive du latin médiéval carnelevare. Composé de carne ("viande") et levare ("enlever"), le terme signifie "retirer la chair", c'est-à-dire retirer la viande de la table. En effet, d'après le calendrier religieux chrétien, Mardi Gras est le dernier jour du carnaval précédant le mercredi des Cendres marquant le début du Carême (période pendant laquelle le chrétien mange "maigre").

jeudi 13 janvier 2011

Pourquoi la pomme d'Adam s'appelle-t-elle ainsi ?

pomme d'Adam
La pomme d'Adam est le nom familier de la proéminence du cartilage thyroïde du larynx sur la face antérieure du cou. Il s'agit de la convergence en avant (sur la ligne médiane) des 2 lames.
La pomme d'Adam est essentiellement une caractéristique de l'homme adulte, bien que les femmes soient dotées du même cartilage proéminent : les femmes, même sans surpoids, ont une localisation graisseuse entre le menton et le cou dans laquelle est cachée leur pomme d'Adam. Il est rarissime que la pomme d'Adam soit saillante chez la femme.
A noter que plus on a une voix grave et plus la pomme d'Adam est basse.


Adam et Eve Pomme Fruit
Le nom vient du fruit défendu qu'Ève fait consommer à Adam (devenu, au fil des traductions, une pomme), fruit qui lui serait "resté en travers de la gorge" selon la tradition catholique.
Même si le pommier est le plus souvent cité (parce que c'est un arbre courant en Europe) l'espèce de l'arbre n'est pas indiquée dans les textes de la Génèse. Ainsi, selon les interprétations, le fruit défendu serait une pomme, une poire, une figue ou une grenade. La référence fréquente à la pomme pourrait être due au fait qu'en latin, pomum signifie "fruit", le terme propre pour désigner les pommes étant malum, mala. Ainsi, quand les peintres ont illustré le fruit défendu ils ont choisi celui qui paraissait le mieux correspondre au terme pomum, la pomme. Selon d'autres interprétations, la pomme est restée associée au péché originel, du fait de la traduction latine de la Vulgate et du nom latin de l'arbre malus, qui désigne aussi bien un arbre "mauvais", c'est-à-dire interdit, qu'un simple pommier.

vendredi 24 décembre 2010

La tradition de la bûche de Noël

En France, en Belgique, au Québec, au Vietnam, au Liban, et généralement dans les pays francophones, le repas de Noël se termine en dégustant la bûche de Noël : cette tradition culinaire reproduit, en fait, un autre rite lié à la célébration du solstice d'hiver.


Bûche Âtre Feu
Depuis plusieurs siècles, en effet, on a pour habitude, lors de la veillée de Noël, de faire brûler dans l'âtre (endroit de la cheminée où l’on fait le feu, et autour duquel se déroulait la vie du ménage) une très grosse bûche qui doit se consumer très lentement. Il est choisi, de préférence, un tronc d'arbre fruitier censé garantir une bonne récolte pour l'année suivante. Lors de l'allumage, la bûche est bénie à l'aide d'une branche de buis ou de laurier, conservée depuis la fête des Rameaux. 


Lors de sa combustion, la bûche est, dans certaines régions, arrosée de vin afin d'assurer une bonne vendange, ou de sel pour se protéger des sorcières. On conserve souvent les tisons afin de préserver la maison de la foudre. On conservait aussi toute l'année du charbon qu'on faisait entrer dans la composition de plusieurs remèdes.
On disait en patois en l'allumant dans certaines régions : "Cache le feu (ancien), allume le feu (nouveau); Dieu nous comble d'allégresse". Le plus ancien de la famille arrosait alors eu bois, soit de lait, soit de miel, en mémoire des délices d'Eden, soit de vin, en souvenir de la vigne cultivée par Noé, lors de la rénovation du monde. 


A Marseille, en portant la bûche de Noël, on ne cessait de crier en patois : "Noël vient, tout bien vient". Ensuite le chef de la famille, ou, en son absence, le plus âgé, s'avançant vers la bûche pour la bénir, y versait du vin en invoquant la Sainte-Trinité, en disant : "Au nom du Père et du Fils, et du Sant-Esprit", et il y mettait le feu. 
En Bourgogne, le père de famille ordonnait à un enfant d'aller en quelque coin de la chambre prier Dieu que la souche donne des bonbons. Pendant ce temps-là on mettait au bas de chaque bout de la bûche de petits paquets de sucreries, fruits confits, noix que ces enfants venaient recueillir en croyant de bonne foi que la souche les avait donnés. Le vigneron qui n'avait pas de quoi offrir des sucreries aux enfants y mettait dessous des pruneaux et des marrons.


Bûche de Noël
La disparition des grands âtres met fin à la coutume des bûches qui y étaient brûlées : la date de naissance du dessert qui les a remplacées reste inconnue. Certains évoquent la création d'une bûche réalisée à base de crème au beurre en 1945 mais le gâteau roulé de Noël est déjà traditionnel, tout du moins dans la région Poitou-Charentes, depuis le XIXe siècle.

vendredi 26 novembre 2010

La légende de sainte Catherine d'Alexandrie

Catherine serait née vers 290 dans une famille noble d'Alexandrie, en Égypte. Dotée d'une grande intelligence, elle acquit rapidement des connaissances qui la placèrent au niveau des plus grands poètes et philosophes du moment. Une nuit, elle vit en songe le Christ et décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée.
Martyre Sainte Catherine Alexandrie
Selon la mythologie chrétienne, l'empereur de Rome, Maximien était venu à Alexandrie pour y présider une grande fête païenne. La jeune fille saisit cette occasion pour tenter de l'amener à se convertir au christianisme, mais cela ne fit que soulever sa colère. Pour la mettre à l'épreuve, il lui imposa un débat philosophique avec cinquante savants, mais au grand dépit de l'empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fit exécuter et demanda Catherine en mariage. Suite à son refus, l'empereur ordonna alors de la faire torturer en usant d'une machine constituée de roues garnies de pointes. Par un miracle, les roues se brisèrent sur son corps, et les pointes aveuglèrent les bourreaux. Obstiné, l'empereur finit par la faire décapiter.


Monastère Sainte Catherine du Sinai
Quelques centaines d'années plus tard, des moines d'un monastère construit au pied du Mont Sinaï, découvrirent au sommet d'une montagne voisine le corps intact d'une belle jeune femme qui fut reconnu comme étant celui de sainte Catherine d'Alexandrie déposé là par des anges. C'est à l'occasion des Croisades que la légende se répandit dans tout l'Occident, créant le motif d'une grande dévotion qui inspira profondément les artistes qui représentaient la sainte avec une auréole tricolore : blanche pour la virginité, verte pour la connaissance et rouge pour le martyre. La roue de son supplice est très souvent représentée auprès d'elle.
Les moines du monastère Sainte-Catherine du Sinaï furent les gardiens du tombeau de la sainte. Les membres de l'Ordre de Sainte-Catherine du Sinaï eurent la tâche de défendre le tombeau et le monastère contre les ennemis du christianisme.


Sa fête est célébrée le 25 novembre et donne lieu à diverses célébrations populaires, dont celles des jeunes filles à marier de plus de 25 ans, appelées les catherinettes.
Des confréries de jeunes filles vénéraient la sainte et avaient le privilège de s'occuper de sa statue placée dans les églises, qu'elles coiffaient lors d'une cérémonie chaque 25 novembre. Cette opération était le privilège des jeunes femmes âgées de plus de 25 ans et encore célibataires. Ainsi l'expression "elle va coiffer sainte Catherine" signifiait que la jeune femme en question n'avait toujours pas trouvé de mari. Cette dernière pouvait alors implorer la sainte avec la prière suivante : "Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine ; mais plutôt un que pas du tout".
Du fait des transformations sociales du statut de la femme et du mariage, cette coutume s'est progressivement perdue. Néanmoins, le jour de la Sainte Catherine, à Paris, les Catherinettes employées des maisons de couture sont généralement reçus à la Mairie et se voient souvent offrir des cadeaux par leur employeur, en plus du chapeau préparé par leurs collègues.

mercredi 17 novembre 2010

L'affaire des démons de Loudun

L'affaire des démons de Loudun (aussi appelée affaire des possédées de Loudun) est une chasse aux sorcières lancée par le cardinal de Richelieu en 1632 dans la ville de Loudun, située dans le département de la Vienne et la région Poitou-Charentes.


Urbain Grandier
Urbain Grandier, curé de l’Église Saint-Pierre du marché et chanoine de l’Église Sainte-Croix de Loudun, avait acquis une réputation de séducteur. En 1632, quelques religieuses du couvent des Ursulines de la ville l’accusèrent de les avoir ensorcelées, en leur envoyant, entre autres, le démon Astaroth (démon, Grand-duc très puissant et trésorier des Enfers) pour les amener à commettre des actes impudiques avec lui.
On pense aujourd'hui que la mère supérieure, Soeur Jeanne des Anges, qui semble-t-il, était tombé amoureuse de lui, l'accusa d’avoir employé la magie noire pour la séduire. Les autres nonnes se mirent peu à peu à lancer des accusations du même genre. Grandier fut arrêté, interrogé et jugé par un tribunal ecclésiastique, qui l’acquitta.


Malheureusement pour lui, Urbain Grandier avait publié, quelques temps auparavant, un pamphlet violent contre Richelieu. En outre, il s'opposait fermement à la destruction des murailles de la ville qui abritait un grand nombre de protestants. La tolérance d'Urbain Grandier envers les protestants et ses critiques jouèrent en sa défaveur.
Un nouveau procès fut instruit sur la demande de Richelieu. Interrogées une deuxième fois, les nonnes (et jusqu’à la mère supérieure) ne répétèrent pas leurs accusations, mais cela ne changea rien au procès où tout était décidé d’avance.
Après avoir torturé Grandier, les juges (Laubardemont, Lactance, et Tranquille) produisirent des documents prétendument signés par le prêtre comme preuve qu’il avait passé un pacte diabolique.
Le 18 août 1634, Urbain Grandier fut condamné à mort, torturé et brûlé. Il jura toujours être innocent.


On procéda également à de nombreux exorcismes sur les soeurs. Ils durèrent plusieurs mois voir plusieurs années pour certaines. On chercha un pacte avec le Diable sur le corps même des soeurs qui furent pour cela mises à nu et rasées. On tenta de trouver une zone insensible sur leurs corps, preuve du contact avec la griffe du démon, en vain.

vendredi 12 novembre 2010

Pourquoi qualifie-t-on une chapelle d'ardente ?

Une chapelle ardente (ou chapelle mortuaire) est un lieu spécialement aménagé pour accueillir le corps d'un défunt après sa mort, en attendant la cérémonie funéraire, afin que des personnes ayant des liens divers avec lui puissent lui rendre visite, lui rendre hommage, et le veiller.
Dans des situations de catastrophe, la chapelle ardente peut être une salle de grande dimension et héberger les dépouilles de plusieurs défunts.


La chapelle tire son qualificatif "d'ardente", des cierges qui sont utilisés pour l'éclairer ainsi que pour commémorer les défunts.

samedi 6 novembre 2010

L'origine du mot "avatar"

Vishnu
Le mot avatar (du sanskrit avâtara) désigne, dans la religion hindoue, chacune des dix incarnations de Vishnou :
- Matsya, le poisson
- Kurma, la tortue
- Varâha, le sanglier
- Narasimha, l'homme-lion
- Vamana, le nain
- Parashurama
- Râma
- Krishna (signifiant "obscurité" ou "noir")
- Siddhartha Gautama, Bouddha ou Balarâma selon les versions
- Kalkî ("temps" ; c'est l'incarnation du "à venir").


Depuis la fin du XIXe siècle, ce terme s'emploie au sens figuré. Il ne représente plus seulement les incarnations du dieu hindou mais fait référence à des notions de changement ou de transformation.


Au pluriel, il est devenu, à tort, dans la langue moderne, surtout dans l'usage oral, synonyme de mésaventure, de malheur ou d'avarie.


Enfin, un avatar fait aujourd'hui référence à un personnage représentant un utilisateur sur internet et dans les jeux vidéo.

lundi 1 novembre 2010

La différence entre la Toussaint et la Commémoration des fidèles défunts

La Toussaint est une fête catholique, célébrée le 1er novembre, au cours de laquelle l'Église catholique romaine honore tous les saints. Il s'agit de toutes les personnes, canonisées ou non, qui ont été sanctifiées par l'exercice de la charité, l'accueil de la miséricorde et le don de la grâce divine. Cette fête rappelle donc à tous les fidèles, la vocation universelle à la sainteté.


Friant La Toussaint
Elle ne doit pas être confondue avec la Commémoration des fidèles défunts (appelée aussi jour des Morts) qui a été instituée pour obtenir de Dieu qu'il délivre ou soulage les âmes du purgatoire. Elle a été officiellement fixée au 2 novembre, deux siècles après la création de la Toussaint.
Cependant, en France, le 1er novembre étant un jour férié, l'usage est établi de commémorer les morts ce jour au lieu du 2 novembre. Anciennement, on allumait une bougie sur la tombe des défunts. Au milieu du XIXème siècle, les fleurs ont remplacé les bougies notamment les chrysanthèmes, symbole d'immortalité, résistante au froid et ne réclamant que peu de soins.

vendredi 8 janvier 2010

Qu’est-ce que le favophilie


La favophilie (ou fabophilie) est une activité qui consiste à collectionner les fèves de galettes des rois.

L'histoire de la fève commence avec le légume : dans les temps préhistoriques, celui-ci était consommé et utilisé comme engrais. La fève a un rôle important dans les rites antiques à cause de sa forme embryonnaire. Symbolisant le fœtus chez les anciens égyptiens, ces derniers enterraient leurs morts dans des champs de fèves en vue d'une réincarnation. C'est le symbole de vie qui reste au Moyen Âge et la fève est utilisée dans les mariages.

Elle sert aussi de jeton de vote, fonction qui commença chez les Grecs qui se servaient de fèves noires et blanches pour décider de l'acquittement ou de la condamnation.

C'est lorsque l'Église décide de s'imposer, pour cesser les célébrations païennes que l'épiphanie apparaît. Mais La coutume du gâteau traditionnel ne se répand réellement que durant le XVe siècle.
La fête des rois faillit être interdite sous la Convention car à l'époque, elle portait le nom de la fête des sans-culotte ; le gâteau fut donc rebaptisé le gâteau de l'égalité. En 1793, le maire de Paris eut beau interdire aux pâtissiers la fabrication de ce gâteau, celle-ci continua tout de même.

La première fève en porcelaine fut fabriquée en 1874 en Allemagne sous forme de baigneur. C'est seulement à partir de 1892 jusqu'au XXe siècle que les thèmes se diversifient : on découvre des fèves avec des thèmes représentatifs de l'époque. Les thèmes religieux apparaissent, tels les crèches, Jésus, les anges, les colombes, puis laissent peu à peu leur place à la royauté et aux porte-bonheur.

Dans les années 1960 sont apparues des fèves en matière plastique puis dans les années 1980-1990, les fèves métalliques, principalement dorées (dont certaines à l'or fin).
À la fin des années 1980, les fèves en porcelaine sont revenues en force. C'est dans cette même période que l'ère du dessin animé et de la bande dessinée a commencé pour aujourd'hui envahir une grande partie du marché actuel de la fève.
Certains boulangers renommés (Poilâne, Le Nôtre, ...) ont alors eu l'idée de fabriquer leurs propres fèves personnalisées.

Certains fabophiles peuvent avoir des collections énormes (près de 100.000 fèves) et quelques-uns vivent en permanence en déplacement, de vide-greniers en bourses ou salons.
Chaque année il sortirait 4 à 5.000 nouvelles fèves en France ! Par ailleurs, de nouveaux types de collections ont vu le jour comme les collections des sacs de galettes des rois ou des couronnes...

jeudi 31 décembre 2009

Mais qui est Saint-Sylvestre ?

Sylvestre Ier (ou Silvestre) fut pape de 314 à 335, pendant le règne de l'empereur Constantin Ier, qui instaura la tolérance du christianisme au sein de l'Empire romain. Il est l'un des premiers saints canonisés sans avoir subi le martyre.

C'est sous son pontificat que l'autorité de l'Église fut établie et que furent construits les premiers monuments chrétiens (l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, les basiliques de Saint-Jean-de-Latran et de Saint-Pierre à Rome, les églises des Saints-Apôtres et de Sainte-Sophie à Constantinople) même si son autorité fut éclipsée par celle de Constantin.

Les historiens chrétiens de l'époque romaine (Eusèbe de Césarée et Lactance) attribuent la conversion de Constantin à une vision qu'il aurait eue juste avant la bataille du pont Milvius, où il triompha de Maxence (312). Mais la tradition médiévale, véhiculée notamment par la Légende dorée (ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine qui raconte la vie de 180 saints, saintes et martyrs chrétiens ainsi que certains épisodes de la vie du Christ et de la Vierge), en donne une autre interprétation : l'empereur était couvert d'une lèpre incurable, et c'est lorsque Sylvestre l'eut baptisé par immersion dans une piscine qu'il fut guéri de sa lèpre et comprit qu'il lui fallait défendre la foi chrétienne.

On a attribué aussi à Sylvestre d'autres miracles, par exemple d'avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon.
Saint Sylvestre est mort le 31 décembre 335.

lundi 21 décembre 2009

La signification de « YMCA »

YMCA sont les initiales de Young Men's Christian Association. Elles sont des associations chrétiennes de jeunes présentes dans le monde entier qui œuvrent dans de nombreux domaines. La première YMCA a été fondée à Londres en 1844 par Georges Williams (1821-1905).

Obligé de travailler dans sa jeunesse dans des conditions de travail très dures (avec au moins 15 heures de travail par jour), George Williams voulu partager les difficultés de son existence avec d'autres jeunes. C'est ainsi qu'il fonda, en 1844, la première YMCA avec un groupe d'une dizaine de jeunes qui, à l'origine, se réunissaient pour méditer et pour prier. Mais très vite ils dépassèrent le domaine spirituel pour s'engager concrètement dans l'assistance mutuelle des plus démunis dont ils faisaient partie. George Williams dépensa beaucoup d'énergie pour améliorer les conditions de travail des jeunes et une fois devenu un homme d'affaires important, il a fait don des deux tiers de ses revenus aux YMCA.

Le basket-ball et le volley-ball furent inventés par des moniteurs et professeur d'université YMCA (respectivement en 1891 et en 1895)
Trois prix Nobel de la Paix ont été attribués à d'anciens responsables YMCA : le Suisse Henri Dunant (1828-1910) en 1901 (conjointement avec le pacifiste français Frédéric Passy, 1822-1912), l’Américain John Mott (1865-1955) en 1946 (conjointement avec l'américaine Emily Greene Balch, 1867-1961) et le Rhodésien Albert Luthuli (1898-1967) en 1961.

George Williams, quant à lui, fut anobli. Un vitrail de l'abbaye de Westminster rend hommage à son œuvre ainsi qu'aux services rendus par les YMCA pendant la Première Guerre mondiale. Le musée Madame Tussauds de Londres avait une figure de cire à son effigie, dans la section religieuse, entourée par celle des réformateurs Martin Luther, John Knox, John Wesley et Jean Calvin.

Ce sont donc ces associations qui ont inspiré aux Village People, leur célèbre chanson.
Les dortoirs et les installations sportives des YMCA étaient réservées aux jeunes hommes et sont parfois devenus, aux Etats-Unis ou au Canada, des lieux de drague gays. La situation a duré jusqu'aux années 1960 et jusqu'à l'émergence de structures associatives ou de clubs gays.
Plusieurs affaires avaient provoqué des scandales dans l'Amérique puritaine comme à Chicago en 1887, Portland en 1912 et Newport en 1919-1921.
Les paroles de la chanson, qui ont un double sens, pourraient très bien être tirées d'une parution des YMCA de la fin du XIXe siècle.

jeudi 17 décembre 2009

La véritable origine du Père Noël


En Europe, les rituels liés à l'approche de l'hiver sont ancestraux. Dès le Moyen-Âge, l'Église catholique décide de remplacer les figures païennes par des saints.

Nicolas de Myre devenu « Saint-Nicolas » est le personnage qui a servi de source d'inspiration au Père Noël (cf article Histoire et légendes de la Saint-Nicolas). Il est présenté comme le saint protecteur des tous petits.
C'est pourquoi, en sa mémoire, le 6 décembre de chaque année, la coutume veut qu'un personnage, habillé comme on imaginait que saint Nicolas l'était (grande barbe, crosse d'évêque, mitre, grand vêtement à capuche), va alors de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages.

C'est au Pays-Bas que Saint-Nicolas se transforme après la Réforme (XVIe siècle) en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas.
Au XVIIIe siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d'anciens symboles germaniques. C'est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël (de Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.
Parallèlement, les États-Unis adoptent la coutume néerlandaise de fêter Saint-Nicolas. Ce sont en effet les Hollandais qui fondent la Nouvelle-Amsterdam au XVIIe siècle, qui deviendra New York quand elle sera prise par les Anglais. Après la guerre d'indépendance, ses habitants se souviennent de leurs racines hollandaises et Sinter Klaas revient par la littérature et les illustrations. Il s'agit alors d'un vieillard à barbe blanche portant un manteau à capuchon. Moralisateur, il récompensait les enfants sages et punissait les dissipés. Progressivement, cette « fête des enfants » est rapprochée de la célébration de la nativité.

Le 23 décembre 1822, le pasteur américain Clement Clarke Moore publie un poème intitulé A Visit from St Nicholas, dans lequel il présente Saint-Nicolas comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer),Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen).
Ce poème a joué un rôle très important dans l'élaboration du mythe actuel. Publié pour la première fois dans le journal Sentinel de New York le 23 décembre 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ».

En 1860, le journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly représente Santa Claus vêtu d'un costume orné de fourrure blanche et d'une large ceinture de cuir. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, vêtu de fourrure, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais. C'est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du Père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l'année suivante par l'écrivain George P. Webster.

L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est donc une légende urbaine. Haddon Sundblom, l’artiste qui dessina les publicités de Coca Cola dans les années 30, accentua les traits du « gentil grand-père bien rondouillard » tel que nous connaissons le Père Noël actuellement. Ses dessins devinrent si populaires que l’on pense encore aujourd’hui que la firme d’Atlanta est à l’origine de la création du Père Noël.
Une étude de la représentation du Père Noël dans les années précédentes montre en effet que l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui était déjà répandu, y compris sa couleur rouge, utilisée dès 1866. Avant Coca-Cola, de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme Michelin par exemple. Coca-Cola a, en revanche, modernisé et popularisé l’image du Père Noël.