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dimanche 27 avril 2014

Pourquoi au théâtre parle-t-on de "côté cour" et de "côté jardin" ?

Dans le vocabulaire théâtral, le côté cour est le côté droit de la scène, vu de la salle, par opposition au côté jardin, qui est le côté gauche. 

Ces mots viennent d'une habitude prise à la Comédie-Française, à l'époque où, à partir de 1770, la troupe s'installa dans la salle des machines du jardin des Tuileries ; la salle donnait effectivement d'un côté sur la cour du bâtiment, et de l'autre sur le jardin.

Auparavant, on nommait la cour "côté de la reine" et le jardin "côté du roi", les loges de chacun se faisant face à gauche et à droite de la scène (en regardant la salle).

Les machinistes situés à la cour sont appelés "couriers", et ceux du jardin "jardiniers".

Les moyens mnémotechniques les plus connus, pour savoir où se situent le jardin et la cour, consistent pour le public à se rappeler les initiales de Jésus-Christ (J.-C comme Jardin/Cour) en regardant la scène ; et pour les acteurs se remémorer la formule "côté cour, côté cœur" en regardant la salle, le cœur étant situé à gauche.


lundi 21 avril 2014

L’origine du symbole Peace and Love

"Peace and Love" est une expression de la langue anglaise signifiant "paix et amour", employée comme signe de reconnaissance dans les années 1960 par les hippies, et à laquelle est associé le symbole de la paix, ☮. 
Il fut employé par les hippies ou plus généralement par la "génération Woodstock" pour protester contre l'armement nucléaire, contre la guerre du Vietnam ou encore afin d'exprimer leur volonté d'un avenir sain sans pollution.



Le symbole ☮ a été inventé par le graphiste britannique Gerald Holtom lors d'une manifestation de la CND en 1958 contre une usine d'armement nucléaire. On peut y lire, en alphabet sémaphore (utilisé dans la marine britannique), un N et un D qui sont les initiales de Nuclear Disarmament ("désarmement nucléaire").




dimanche 24 février 2013

La particularité de Ann Elizabeth Hodges

Ann Elizabeth Hodges est née à Sylacauga, petite ville de l'état de l'Alabama en 1923. Elle est connue pour avoir été frappée par un fragment de météorite  dans sa ville natale le 30 novembre 1954.
Ann faisait une sieste sur son canapé quand la pierre venue de l'espace et de la taille d'une balle de softball (25 cm environ) a traversé son plafond, la blessant au niveau du ventre.



L'événement a eu beaucoup de publicité d'autant plus que la propriété de la chondrite a été disputée entre les époux Hodges et les autorités fédérales. Au final, Ann Hodges a donné la pierre au Musée d'histoire naturelle de l'Alabama.

Ce fut le premier incident de ce type répertorié. Ann Elizabeth Hodges est morte en 1972.



Rassurez-vous, vous auriez plus de chance d'être simultanément touché par une tornade, par un ouragan et frappé par la foudre plutôt que d'être atteint par un météorite.

dimanche 27 janvier 2013

Qu'est ce que le syndrome de Marie-Antoinette ?

Il s'agit du syndrome de "canitie subite" désignant le blanchissement très rapide de la chevelure (en un ou quelques jours) à la suite d'un choc émotionnel. Ce phénomène est surnommé "syndrome de Marie-Antoinette" ou "de Thomas More", s'étant produit, selon la légende, la veille de leur exécution. Il fut rapporté par plusieurs témoins au cours des siècles et notamment observé par des combattants de la Seconde Guerre mondiale.

Le "syndrome de Marie-Antoinette" n’a jamais été observé scientifiquement, même s'il peut s'expliquer par une réaction auto-immune, type pelade, attaquant le système pigmentaire des follicules pileux sur une chevelure poivre et sel, mettant ainsi en évidence les cheveux blancs déjà existants. 
En tout état de cause, sans une décoloration chimique pouvant faire perdre ses pigments à un cheveu coloré, et la vitesse de pousse d'un cheveu étant de 0,7 à 2 cm par mois, il est difficilement explicable qu’une chevelure, surtout longue, blanchisse si vite.



dimanche 13 janvier 2013

L'origine du terme "vandalisme"

Le vandalisme désigne tout acte de destruction ou de dégradation gratuite visant des biens publics ou privés.

Dérivant de la horde germanique les Vandales qui, en 455, avait mis Rome à sac, avant de s'illustrer dans d'autres pillages, le terme apparaît en 1793 pour être popularisé le 10 janvier 1794 par Henri Grégoire, dit "l'abbé Grégoire", évêque constitutionnel de Blois, dans son rapport adressé à la Convention. Il utilise le mot pour désigner l'attitude destructrice d'une partie de l'armée républicaine notamment des monuments nationaux.


La violation des caveaux des rois dans la basilique Saint-Denis, en Octobre 1793
Il existait déjà le terme d'iconoclasme, créé par les Byzantins pour décrire les briseurs d'images ou de statues religieuses mais le mot avait le double désavantage d'être un peu trop savant et d'être associé aux images religieuses. 
Les destructions des immeubles et du mobilier au moment de la révolution vont plus loin que le simple iconoclasme : "C’est avec réflexion et sang-froid qu’on a attaqué nos monuments d’architecture et de sculpture. Des maçons étaient payés à la journée pour anéantir les ouvrages d’art."

En s'étendant, la notion de vandalisme cesse également de concerner seulement les pays riches. Il existe un vandalisme du temps, que pallie la restauration, mais aussi un vandalisme de la misère, lorsque des pays ne peuvent se permettre de maintenir en l'état leurs monuments historiques ou doivent les sacrifier à des impératifs de développement. 
Un des déclencheurs de cette prise de conscience est la décision du président Nasser de faire construire un nouveau barrage sur le Nil menaçant le temple de Ramsès II à Abou Simbel et le sanctuaire d'Isis à Philæ. 
Dès 1972, l'Unesco propose une Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, qui doit servir à garantir la protection de sites considérés comme Patrimoine de l'humanité, en les inscrivant dans la Liste du patrimoine mondial. L'opinion publique internationale se mobilise devant ce qu'elle considère comme une menace de vandalisme insupportable. Abou Simbel est sauvé.

Mais le mot vandalisme n'a pas fini d'élargir son sens. En 1901, se crée une Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France. Avec le développement de l'écologie et de la protection de l'environnement, le terme en vient à désigner aussi la dégradation des sites naturels par la pollution ou par l'urbanisme sauvage. Les sites naturels sont désormais eux aussi classés et protégés autant que faire se peut des vandales en tous genres qui les menacent.

À force d'être utilisé comme terme d'opprobre, le mot vandalisme finit par perdre le sens d'une attaque contre le patrimoine pour ne plus dénoter que la destruction aveugle ou malfaisante.

jeudi 27 décembre 2012

L'origine de l'expression "Keep Calm and Carry On"

Keep Calm and Carry On (en français, "Restez calme et continuez") était une affiche produite par le gouvernement britannique en 1939 au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle était destinée à être affichée en vue de renforcer le moral dans le cas d'une défaite. Deux millions et demi d'exemplaires ont été imprimés, même si l'affiche n'a été diffusée qu'en nombre limité. Le concepteur de l'affiche n'est pas connu.



L'affiche était la troisième d'une série de trois. Les deux précédentes affiches de la série étaient "Your Courage, Your Cheerfulness, Your Resolution Will Bring Us Victory" (Votre courage, votre gaieté, votre résolution nous apporteront la victoire) et "Freedom Is In Peril, Defend It With All Your Might" (La liberté est en péril, défendez-la de toutes vos forces).

En 2000, une copie de l'affiche "Keep Calm and Carry On" a été redécouverte chez Barter Books, une librairie de livres d'occasion. Comme le Crown Copyright sur les œuvres artistiques créées par le gouvernement britannique expire après 50 ans, l'image est maintenant dans le domaine public. Les propriétaires du magasin, Stuart et Marie Manley, ont ainsi pu réimprimer des copies à la demande des clients, comme l'ont fait d'autres en Grande-Bretagne et dans le monde. Il a inspiré des gammes de vêtements, de tasses, de paillassons et autres objets.

Des parodies de l'affiche, ayant la même typographie mais avec la phrase ou le logo modifié ont également vu le jour, par exemple, une couronne à l'envers avec la mention "Now Panic and Freak Out" (Maintenant paniquez et Flippez).
La popularité de l'affiche a été attribuée à une "nostalgie d'un certain caractère britannique, d'une certaine attitude", selon Bagehot, un journaliste de The Economist. Elle "exploite directement l'image mythique que le pays a de lui-même: courageux sans prétention, juste un peu guindé, buvant du thé pendant que les bombes tombent."





dimanche 23 décembre 2012

Le soldat qui refusa de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale

Hirō Onoda, né le 19 mars 1922, est un soldat japonais en poste sur l'île de Lubang dans les Philippines qui refusa de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à la reddition du Japon en 1945 et qui continua la guerre seul jusqu'en 1974. C'est le plus connu des nombreux soldats japonais "cachés".


En décembre 1944, Onoda fait partie des vingt-deux hommes formés aux techniques de la guérilla. Destination : les Philippines, territoire américain occupé par le Japon. Son supérieur, major Yoshimi Taniguchi, lui donne l'ordre de retarder le débarquement des Américains sur l'île de Lubang, sur laquelle Hirō Onoda passera plus de trente années dans la jungle attendant le retour de l'armée japonaise.

En 1945, les troupes américaines reprirent l'île et presque toutes les troupes japonaises furent anéanties ou faites prisonnières. Cependant, Onoda continua la guerre, vivant d'abord dans les montagnes avec trois camarades (Yuichi Akatsu, Siochi Shimada et Kinshichi Kozuka). Un d'entre eux, Akatsu, se rendit finalement aux forces philippines en 1950, et les deux autres furent tués dans des échanges de coups de feu avec les forces locales – Shimada en 1954, Kozuka en 1972 – laissant Onoda seul dans la montagne.
Il rejetait comme une ruse toute tentative visant à le convaincre que la guerre était finie. 
En 1959, il fut déclaré légalement mort au Japon. 

Retrouvé par un étudiant japonais, Norio Suzuki, Onoda refusa obstinément d'accepter l'idée que la guerre était finie à moins d'avoir reçu de son supérieur hiérarchique l'ordre de déposer les armes. Pour l'aider, Suzuki retourna au Japon avec des photos de lui-même et d'Onoda comme preuve de leur rencontre. En 1974, le gouvernement japonais put retrouver le commandant d'Onoda, le major Taniguchi, devenu libraire. Il se rendit à Lubang, informa Onoda de la défaite du Japon et lui ordonna de déposer les armes. Le lieutenant Onoda quitta la jungle 29 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et accepta l'ordre de son chef de remettre son uniforme et son épée, avec son fusil Arisaka Type 99 toujours en état de marche, cinq cents cartouches et plusieurs grenades à main.



Bien qu'il eût tué une trentaine de Philippins qui habitaient l'île et échangé plusieurs coups de feu avec la police, on tint compte des circonstances et Onoda bénéficia du pardon du président Ferdinand Marcos.
Le lieutenant Onoda fut, au sens strict, le dernier soldat de nationalité japonaise à se rendre. Le tout dernier soldat de l'armée japonaise fut retrouvé quelques mois plus tard, en décembre 1974 : il s'agissait non pas d'un citoyen japonais, mais d'un aborigène de Taïwan, incorporé dans les volontaires de Takasago sous le nom de Teruo Nakamura.

samedi 19 mai 2012

Qui sont les Nissei ?

Le Brésil est le pays qui accueille le plus de Japonais en dehors du Japon. Il y a actuellement entre 1,3 et 1,5 million d'habitants d'origine japonaise au Brésil. Les personnes d'origine japonaise nées au Brésil sont appelées Japonais-Brésiliens (Nipo-brasileiros en portugais), ou Nissei. Ils sont appelés ainsi car en japonais, cela signifie "deuxième génération". 


Le 18 juin 1908, les premiers immigrants japonais débarquaient du navire Kasato Maru dans le port de Santos, São Paulo. Ils étaient au nombre de 791 (principalement des fermiers venus d'Okinawa). Ils partaient pour le Brésil pour travailler dans les plantations et pensaient revenir au Japon après avoir gagné un peu d'argent, mais ce ne fut pas le cas. 
Le flux migratoire en direction du Brésil ne s'intensifia cependant qu'à partir des années 1910, précisément quand le gouvernement nord-américain (les États-Unis étaient le pays d'immigration favori des Japonais) bloqua l'immigration japonaise.
Sur les 190 000 Japonais ayant immigré avant la Seconde Guerre Mondiale, seuls 10% rentrèrent au pays. 


Nissei Bresil


Dans les années 1980, une émigration à rebours se produisit. Le Japon qui manquait de travailleurs encouragea fortement le retour au pays de cette communauté, en leur octroyant des visas plus pratiques notamment. En 1990, on donna le droit à la citoyenneté japonaise à ceux qui étaient restés au Brésil. On trouve actuellement au Japon, 270 000 Japonais ayant des ancêtres qui ont vécu au Brésil. Ils constituent la plus grande communauté parlant le portugais dans toute l'Asie.

dimanche 29 avril 2012

L'origine de la minute de silence

Une minute de silence est un moment de recueillement, signe d'hommage. Afin de convenir d'une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l'on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence. 
Il est difficile d'établir l'origine exacte. Néanmoins voici l'origine la plus souvent rapportée. 


L'idée d'un moment de silence à l'occasion de la célébration de l'armistice fut suggérée en premier par le journaliste australien Edward George Honey dans une lettre au journal London Evening News en mai 1919. Il avait proposé au départ un période de 5 minutes de silence qui fut jugée trop longue. 


Le 25 octobre 1919, est votée une loi relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre, adoptée par le Parlement et promulguée par le Président du Conseil des Ministres et ministre des Affaires étrangères Raymond Poincaré. 
Cette loi est à l'origine de la minute de silence, pratiquée pour la première fois en France le 11 novembre 1919. 


A noter que dans l'Hexagone, la minute de silence s'est petit à petit réduite à une dizaine de secondes. Tandis que dans les pays anglo-saxons, sa durée s'est en revanche élargie à deux minutes.


Minute de Silence

dimanche 15 avril 2012

Le SS Californian, témoin du naufrage du Titanic

Le Californian est un cargo-mixte transatlantique appartenant à la compagnie Leyland Line. Construit en 1901, c'est un navire de taille et puissance modestes principalement destiné au transport du coton. 


SS Californian


Le 30 mars 1912, le Californian fait escale à Londres d'un périple à la Nouvelle-Orléans au cours duquel il a dû affronter une tempête qui a endommagé une partie de sa cargaison de coton. Il arrive ensuite à Liverpool d'où il doit repartir pour Boston le 5 avril. 
Pour cette traversée, qui doit durer quatorze jours, le Californian ne transporte aucun passager. Sur la passerelle de navigation, Lord est accompagné de trois officiers et d'un apprenti : ce sont George Stewart (commandant en second ou chief officer), Herbert Stone (deuxième officier), Charles Groves (troisième officier) et l'apprenti James Gibson. 


La traversée est sans histoire durant la première semaine. Le dimanche 14 avril, le trafic de messages radios s'accroît : plusieurs navires croisant dans la zone signalent en effet des glaces se trouvant anormalement au sud. Dans la journée, il avertit une première fois le Titanic, qu'il précède, de la présence de glaces. Le soir venu, Lord, fait stopper les machines et immobiliser le cargo, arrêté par un épais champ de glaces à 22 h 20. À 22 h 55, l'opérateur radio Cyril Evans avertit une nouvelle fois le Titanic du danger. Mais Jack Phillips, l'opérateur du Titanic, lui demande alors violemment de se taire car il est en communication avec Cape Race, devant rattraper le retard pris dans l'envoi de messages personnels des passagers suite à une panne des appareils, la veille. À la décharge de Phillips, Evans a oublié de débuter son message par le code spécifiant son caractère officiel et urgent. Finalement, à 23 h 30, Cyril Evans, qui est le seul opérateur radio à bord du Californian, éteint la radio pour aller se coucher, ce que fait également le commandant Lord à minuit. 
À 23 h 40, le Titanic heurte un iceberg. 


Comme il est de quart sur la passerelle, le troisième officier Groves croit apercevoir un paquebot au loin. Il prévient Lord qui lui conseille d'entrer en contact avec le navire par le biais de lampes morse. Le navire ne répond pas. De la salle des cartes, où il se repose, le capitaine l'observe également, mais déduit qu'il doit s'agir d'un cargo de la même taille que le Californian. Peu après, Groves note que les lumières du navire sont éteintes. Cela ne le choque pas dans la mesure où le fait d'éteindre les lumières la nuit était une pratique courante sur les lignes d'extrême orient où il avait travaillé. Il leur semble également probable que le navire ait été bloqué par les glaces et ait en conséquence éteint ses lumières pour que les passagers aillent se coucher.
Ayant conclu que la situation n'a rien d'anormal, Lord retourne se reposer, demandant à être réveillé au moindre signe suspect. Quant à Evans, il ne souhaite pas prendre le risque d'être à nouveau rabroué par Phillips et ne cherche donc pas à rétablir le contact radio avec le Titanic. 


À bord du paquebot qui commence à couler, les officiers et de nombreux passagers aperçoivent les lumières d'un navire dont ils attendent en vain le secours. De plus, l'opérateur Jack Phillips ne reçoit aucune réponse à ses appels. Le capitaine Edward Smith ordonne alors à Boxhall de lancer des fusées de détresse et de communiquer avec le navire grâce à des lampes morse. Les fusées sont aperçues par Herbert Stone, deuxième officier du Californian, qui considère qu'il ne s'agit pas de signaux de détresse et que le navire informe juste qu'il est bloqué par les glaces. L'apprenti Gibson croît pour sa part apercevoir des signaux à la lampe morse et tente d'y répondre, mais les signaux n'ayant aucune signification, il conclut finalement qu'il s'agit du clignotement du feu du navire. 
Lorsqu'une sixième fusée est envoyée, Gibson décide de prévenir le capitaine, qui se range à l'avis de Stone et juge inutile de réveiller l'opérateur radio. Selon lui, le navire est un cargo qui ne possède pas d'émetteur. Finalement, les feux du navire disparaissent : Stone prévient une dernière fois Lord de l'avancée de la situation, et celui-ci conclut que le navire a prévenu les navires alentours des glaces avant de partir. 


À 3 h 30, Stone aperçoit à nouveau ce qu'il pense être des signaux de détresse. Il s'agit en réalité de tirs de fusées provenant du Carpathia venu secourir les naufragés. Il n'en fait cependant pas mention à Lord et continue sa veille. Le commandant en second Stewart prend la relève à quatre heures et est informé de la situation. Une demi-heure plus tard, il en informe Lord. Celui-ci, voyant le navire et pensant qu'il s'agit de celui qui a été vu la veille, considère que tout va bien. Au bout de quelque temps, les officiers décident de réveiller Cyril Evans pour qu'il en apprenne plus sur les fusées vues dans la nuit. 
Ses questions reçoivent bien vite une réponse : le Frankfürt lui apprend que le Titanic vient de faire naufrage. Plusieurs autres navires confirment la nouvelle et transmettent les coordonnées du lieu du drame, que l'opérateur transmet au capitaine. Celui-ci s'exclame étrangement : "Non, ça ne peut pas être exact. Vous devez me trouver une meilleure position". Il fait ensuite mettre le navire en marche, mais pour une raison inconnue, se dirige d'abord dans le champ de glace, à l'ouest, avant de descendre vers la position du Titanic, qui se trouve hors des glaces au sud". 


Vers 8 heures, le Californian arrive en vue du Carpathia qui finit de recueillir les derniers rescapés. Le cargo propose son aide et est invité à rester sur les lieux pour trouver d'éventuels survivants. Les recherches sont cependant infructueuses. 
Après deux ou trois heures de recherches, le navire reprend sa route pour Boston. 


Capitaine Stanley Lord


À son arrivée à Boston dans la nuit du 18 au 19 avril 1912, Lord est accueilli par de nombreux journalistes, et est considéré, pour peu de temps cependant, comme un héros comparable à Arthur Rostron, le capitaine du Carpathia. Cependant, le témoignage d'un soutier du Californian, Ernest Gill, change tout. En effet, celui-ci donne une interview au Boston American, dans laquelle il explique avoir aperçu un grand navire qui tirait des fusées la nuit du naufrage. Pour lui, le navire ne peut-être que le Titanic. 
Interrogé par la commission d'enquête américaine, Lord déclare avoir en effet vu un navire, cependant, il s'agit selon lui d'un cargo qui a stoppé pendant une heure avant de s'éloigner. Il déclare également que le Titanic se trouvait à une vingtaine de miles du Californian, tandis que le cargo qu'il a vu était à environ cinq miles. De plus, selon lui, le navire était de taille comparable à celle du Californian, ce qui ne correspond pas à la description du Titanic. 
La commission d'enquête ne cherche cependant pas à en savoir plus sur le navire en question. Stanley Lord, accusé d'avoir manqué à son devoir en ne secourant pas le Titanic, sera relevé du commandement du Californian.

mardi 6 mars 2012

Qu'est ce que l'Opération Tigre ?

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Opération Tigre fut un exercice militaire de répétition du débarquement en Normandie (l'Opération Neptune) qui dura du 22 au 30 avril 1944. La plage de Slapton Sands, dans le Devonshire au Royaume-Uni fut choisie pour sa ressemblance avec celles d'Omaha et Utah. 


Ce test grandeur nature, conduit conjointement par les Anglais et les Américains, durant 9 jours, fut émaillée de nombreuses erreurs, défaillances et accidents qui coûtèrent la vie à 946 soldats. 
En effet, par manque de coopération entre l'U.S. Army et l'U.S. Navy, beaucoup de GI's périrent noyés dans la Manche ou bloqués dans les LST coulés ou encore d'hypothermie. Eisenhower ne donna l'ordre de récupérer les naufragés qu'à l'aube. 


Opération Tigre


L'État major interallié tira toutefois les conséquences de l'évènement en ordonnant: 
- la synchronisation des fréquences radio américaines et britanniques ; 
- de meilleurs gilets de sauvetage furent mis à la disposition des soldats sur les péniches de débarquement ; 
- la mise au point de procédures de récupération d'éventuels naufragés et une meilleure collaboration entre les États-major alliés, et entre la marine et l'armée de terre complétèrent ces mesures. 


Le plus strict secret militaire fut longtemps entretenu sur cet évènement, qui fut longtemps méconnu des historiens.

jeudi 5 janvier 2012

La petite histoire du smoking

L'histoire du smoking remonte aux années 1860, quand Henry Poole & Co. créa une veste de smoking courte pour Édouard VII du Royaume-Uni alors qu'il était Prince de Galles pour des dîners moins formels. 
Pendant l'été 1886, le Prince invita à diner le milliardaire new-yorkais James Potter et son épouse Cora Potter à Sandringham House, dans le Norfolk. Lorsque Potter demanda une recommandation pour la tenue vestimentaire du dîner, le prince l'envoya auprès de son tailleur Poole Henry & Co. à Londres. 


De retour à New York, Potter introduit cette tenue dans son club le Tuxedo Park Club House. Il présenta son veston à revers de satin brillant (au lieu de la traditionnelle jaquette-cravate blanche) comme une variante de la veste que les Britanniques portent au fumoir. 
Le smoking était d'ailleurs à l'origine l’habit des smokeurs, des fumeurs , les hommes la revêtaient pour passer au fumoir, une pièce interdite aux femmes. Quand ils en sortaient, ils s’en débarrassaient pour ne pas incommoder le nez délicat de leur dame. Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale qu'il remplacera progressivement le traditionnel habit (ou queue-de-pie) comme tenue de soirée. 


Les smoking peuvent avoir différentes coupes : 
- Smoking Deauville : coupe droite, un bouton, à col châle ou à revers crantés
- Smoking Capri : coupe croisée, une ou deux paires de boutons, à col châle ou à revers crantés


Smoking Tuxedo

mardi 20 décembre 2011

La sympathique histoire du fromage Saint-marcellin

Le Saint-marcellin est un petit fromage à base de lait de vache, à pâte molle à croûte fleurie, d'un poids moyen de 80 grammes. Sa production est réalisée avec le lait provenant de 300 communes de l'Isère, de la Drôme et de la Savoie. 


Un beau jour de l'an 1447, parti en chasse dans la forêt de Lente, dans la Drôme, le Dauphin Louis, futur Louis XI, est attaqué par un ours. Deux bûcherons (Richaud et Bouillane) viennent au secours du malheureux et terrassent l'ours. Afin de se remettre de leurs émotions, ils partagent pain et fromage. En remerciement le Dauphin promit d'anoblir les deux bûcherons (ce qui fut fait) et une récompense de 10.000 écus chacun. Le Saint-Marcellin entre ainsi dans l'Histoire, ainsi que dans les comptes de l'intendance du roi de France. 
On le trouva dès lors sur la table du roi Louis XI de France (1461-1483).


Saint Marcellin


Originellement il était fait avec du lait de chèvre, mais à partir de 1730, la réglementation sur l'élevage caprin pour un reboisement rapide des campagnes a pour conséquence une diminution des troupeaux et le lait de vache commence à compenser les manques.

vendredi 16 décembre 2011

La légende des 1000 grues

La légende des mille grues est une légende originaire du Japon, où l’origami est très pratiqué, qui raconte que si l’on plie mille grues en papier, on peut voir son vœu de santé, longévité, d'amour ou de bonheur exaucé.

Cette légende est aujourd'hui associée à une jeune fille japonaise, Sadako Sasaki. Enfant, elle fut exposée au rayonnement du bombardement atomique d'Hiroshima et atteinte de leucémie. Ayant entendu la légende, elle décida de plier mille grues espérant que les dieux, une fois les mille grues pliées, lui permettraient de guérir. Elle confectionna au total 644 grues de papier. Elle mourut le 25 octobre 1955 à l'âge de douze ans. Elle avait plié ses grues avec tout le papier qu'elle pouvait trouver, jusqu'aux étiquettes de ses flacons de médicament. 
L'histoire de Sadako eut un profond impact sur ses amis et sa classe. Pour soutenir son action et honorer sa mémoire, ses compagnons de classe plièrent le nombre restant de grues en papier et elle fut enterrée avec une guirlande de mille grues. 


Aujourd'hui, dans le Parc de la Paix d'Hiroshima, se dresse une statue dédiée à la mémoire Sadako et placée sur un piédestal en granite ; elle tient une grue en or dans ses bras ouverts. À sa base se trouve cette inscription : 
Ceci est notre cri. 
Ceci est notre prière. 
Pour construire la paix dans le monde 


Parc de la Paix Hiroshima - statue Sadako




Tous les ans, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à Hiroshima. Les origamis sont disposés autour de la statue. Grâce à Sadako, la grue en papier est devenue un symbole international de la Paix. 
Depuis, il est entré dans la tradition de plier mille grues en papier lorsqu'un proche ou bien un ami est gravement malade. Au-delà de la superstition, cet acte procure courage et volonté au malade, qui se sent ainsi entouré.

samedi 5 novembre 2011

Qu'est ce que la "Guy Fawkes Night" ?

La "Guy Fawkes Night", la nuit de Guy Fawkes en anglais (également nommée "Bonfire Night" ou "Fireworks Night" ou "Plot Night"), est une fête encore de nos jours célébrée le 5 novembre, initialement au Royaume-Uni, mais également, par extension, dans quelques pays de l'antérieur empire britannique, par exemple, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et à Terre-Neuve.


Guy Fawkes
Cette fête commémore l'échec de la conspiration des poudres, le complot d’un groupe de catholiques sous la direction de Guy Fawkes visant à faire exploser, le 5 novembre 1605, lors de la présence du roi protestant Jacques Ier, le Parlement de Westminster, avec trente-six barils de poudre.
Depuis, tous les ans lors du 5 novembre, le Parlement est fouillé, afin de découvrir la trame d'un éventuel complot.


Fireworks Guy Fawkes Night


La veille des festivités, des effigies de Guy Fawkes sont préparés par les enfants lors de concours organisés entre les différentes écoles, et la marionnette sélectionnée est brulée en tant que symbole, au nom de la ville. Partout, on voit des feux d'artifices et on construit des "feux de joie". Une fois les feux de joie embrasés, à la tombée de la nuit, les enfants demandent aux passants "A penny for the guy", afin que ceux-ci donnent quelques pièces pour leur création. Des plats traditionnels sont également préparés à l'occasion, cuits pour certains à la chaleur des feux:
-Les "wrapped potatoes", pommes de terre recouvertes d'aluminium.
-Des saucisses et marshmallows grillés.
-Un gâteau traditionnel "The Parkin Cake", constitué principalement de flocons d'avoine, de sirop et de mélasse.

jeudi 20 octobre 2011

La véritable histoire de la distance du Marathon

Selon la version populaire, Phidippidès, un messager grec aurait couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la première guerre Médique en -490. Arrivé à bout de souffle sur l’Aréopage, il y serait mort après avoir délivré son message.


Cette version est contredite par celle de l’historien grec Hérodote : lors du débarquement des Perses à Marathon, les Grecs auraient envoyé le messager Phidippidès, chercher de l’aide à Sparte, à plus de 220 kilomètres. Alors que les Spartiates ne répondaient pas, les Athéniens combattirent seuls, avec les Platéens. Ce serait donc un certain Euclès, le messager authentique qui aurait parcouru au prix de sa vie la distance entre Marathon et Athènes pour annoncer la victoire (ou encore Thersippos l'Eroeus selon Héraclide du Pont).


La distance du marathon moderne est donc celle qui sépare Marathon d'Athènes soit 40 km. Elle est parcourue pour les premiers Jeux olympiques modernes à partir de 1896.


Marathon d'Athènes 1896
Marathon d'Athènes en 1896


C'est en 1921 que la distance fut définitivement fixée, en officialisant celle des Jeux olympiques de Londres tenus en 1908. La famille royale d'Édouard VII désira en effet que la course démarrât du château de Windsor pour se terminer face à la loge royale dans le stade olympique. Cette distance a donc été mesurée précisément : 26 milles et 385 yards soit 42,195 km et est donc devenue la distance officielle du marathon.
Il arrive, d'ailleurs que des marathoniens crient "Vive la Reine !" au passage du quarantième kilomètre pour célébrer les derniers 2,195 km, cadeau de la famille royale d'Angleterre.

lundi 17 octobre 2011

L'insolite mort du Président Français Félix Faure

Félix Faure
Félix Faure est un homme politique français, président de la République de 1895 jusqu’à sa mort. Il est décédé au palais de l'Élysée le 16 février 1899, à l'âge de 58 ans.
En 1897, il rencontra, à Chamonix, Marguerite Steinheil, épouse volage du peintre Adolphe Steinheil, auquel fut confié la commande officielle d'une toile monumentale intitulée "La remise des décorations par le président de la République aux survivants de la redoute brûlée". De ce fait, Félix Faure se rendit souvent à la villa "Le vert logis", au no 6 de l'impasse Ronsin à Paris, où résidait le couple Steinheil. Marguerite devint rapidement sa maîtresse et le rejoignit régulièrement dans le "salon bleu" du palais de l'Élysée.

Le Progrès : la Mort de Félix Faure
Le 16 février 1899, Félix Faure téléphona à Marguerite et lui demanda de passer le voir en fin d'après-midi. Quelques instants après son arrivée, les domestiques se précipitèrent pour répondre à des coups de sonnette éperdus, et découvrirent le président râlant, allongé sur un divan, tandis que Marguerite Steinheil réajustait ses vêtements en désordre. Félix Faure mourut quelques heures plus tard d'une congestion cérébrale.

La nouvelle que le président était mort dans les bras de sa maîtresse se répandit rapidement et les circonstances croustillantes du décès prirent rapidement le pas sur la tragédie d'une mort subite. 
Une plaisanterie populaire ira jusqu'à préciser que c'est par une fellation, que la maîtresse provoqua l'orgasme qui lui fut fatal, et fera de Mme Steinheil "La Pompe funèbre". On rapporta également que l'abbé qui fut mandé par son entourage pour lui administrer les derniers sacrements, demandant à son arrivée : "Le président a-t-il toujours sa connaissance ?" se serait entendu répondre : "Non, elle est sortie par l'escalier de service !" 

Les chansonniers de l'époque affirmèrent : "Il voulait être César, il ne fut que Pompée". Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau, qui ne l'aimait guère. Ce dernier aurait également déclaré à cette occasion : "En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui" et "Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre".

Félix Faure est d’ailleurs le seul président en fonction à être décédé dans le palais de l'Élysée.

jeudi 13 octobre 2011

L’incroyable succès du livre « Le Tour de la France par deux enfants »

Le Tour De France Par Deux Enfants
Le Tour de la France par deux enfants est un livre de lecture scolaire rédigé par Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno et publié par les éditions Belin en 1877.
L’ensemble relate le périple de deux enfants, André et Julien Volden, qui, à la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens et du décès de leur père, partent à la recherche d'un oncle paternel à travers les provinces françaises. Ils accumulent une richesse de connaissances nées de l’apprentissage des techniques, de l’habileté dans le travail : ils s’initient à l’agriculture, à l’économie domestique, à l’hygiène… Toutes ces connaissances aboutiront à l’établissement final dans la ferme presque idéale de La Grand’Lande.

Le livre servait à l’origine de livre de lecture du cours moyen des écoles de la IIIe République. Très patriotique, il visait à la formation civique, géographique, scientifique, historique et morale de la jeunesse, qu’il fallait aussi préparer à reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Chaque chapitre commence par une maxime et s’organise autour d’un thème principal. Il s’agit de faire connaître le territoire de France avec toutes ses activités. Aux questions spontanées des enfants sont toujours apportées des réponses simples, avec une carte située toujours sous les yeux, pour l’enseignement de la géographie.

Son succès fut tel qu’il avait atteint un tirage de 6 millions d’exemplaires en 1900 et fut utilisé jusque dans les années 1950. On observa que le public continuait à réclamer, après sa disparition du programme. En 1976, il s’en était vendu 8.400.000 exemplaires, dont 7.000.000 exemplaires avant 1914. On peut toujours se le procurer aujourd’hui (gratuit sur iTunes).

mardi 4 octobre 2011

L’origine du terme « mousquetaire »

Le mousquetaire était autrefois un fantassin armé d'un mousquet. Le corps des mousquetaires de la maison militaire du roi de France est créé en 1622 lorsque Louis XIII le dote de mousquets. Un mousquet (de l'italien moschetto) est une arme à feu portative à canon long, crosse d'épaule et platine à mèche ou à rouet, inventé pour pallier le manque de puissance des arquebuses. C'est l'ancêtre de notre fusil actuel.

Mousquetaire mousquets

Les mousquetaires sont recrutés uniquement parmi les gentilshommes ayant déjà servi dans la Garde. L'accès aux mousquetaires, corps d'élite et de parade, proche du roi, représente une promotion.
Chaque mousquetaire doit se monter, s'habiller et s'équiper à ses frais. Seul le mousquet était fourni par le Roi (les pistolets et les épées devant être achetés). Si au début les mousquetaires n'avaient pas d'uniforme (ils portaient pour se distinguer une casaque ornée de 4 croix de velours blanc qui leur servaient de manteau mais était peu pratique lors des combats), par la suite, une tenue est fixée. L'habit est rouge écarlate et brodé d'or. Selon François Bluche, au début du XVIIIe siècle, un mousquetaire avait besoin de 1000 livres pour s'équiper en temps de paix et de 2000 livres en temps de guerre.

Alexandre Dumas les a immortalisés dans la trilogie Les Trois Mousquetaires, Le Vicomte de Bragelonne et Vingt ans après, en s'inspirant de la devise des mousquetaires : "Un pour tous, tous pour un". Ce roman a rendu populaire les mousquetaires, mais ne doit en aucun cas être considéré comme une œuvre historique, tant les libertés avec l'histoire sont nombreuses.

lundi 8 août 2011

L'incroyable histoire de Jumbo l'éléphant

Jumbo éléphant
Jumbo était un très grand éléphant de savane d'Afrique qui a fait l’objet dans la presse d’un reportage comme on n’en avait jamais consacré à un animal de zoo, ce qui le rendit célèbre dans le monde entier. Né en 1861 en Abyssinie (actuelle Éthiopie), il fut envoyé à Paris et il fit partie de la ménagerie du Jardin des plantes. En 1865, il fut échangé contre un rhinocéros du zoo de Londres où il arriva le 26 juin.


C'est, dit-on, son gardien de Londres, Matthew Scott, qui a donné à Jumbo son surnom, lequel en swahili signifie "Hello !" (Jambo). Atteignant la taille impressionnante de quatre mètres de hauteur, Jumbo devint une nouvelle attraction du jardin zoologique de Londres. Il laissait les enfants monter sur son dos e on estime que pendant la période où il est resté à Londres il a porté plus d'un million d'enfants, parmi lesquels Winston Churchill et Theodore Roosevelt.


Quand il atteignit sa maturité sexuelle Jumbo passa régulièrement dans un état qu'on appelle le musth : Jumbo cassait tout alors dans son écurie et ne laissait personne l'approcher à l'exception de son gardien Scott. On jugea donc qu'il était trop dangereux de continuer à lui faire porter des enfants.
C'est à ce moment-là que Phineas Taylor Barnum, un célèbre directeur de cirque américain, proposa à la direction du jardin zoologique de Londres de lui acheter Jumbo pour 10.000 dollars, une somme colossale pour l'époque. Des personnalités publiques engagèrent un procès où on examina la légalité du marché, et ce fut Barnum qui l'emporta.


Jumbo New-York
Le 24 mars 1882 Jumbo partit en bateau pour New York sur l'Assyrian Monarch, et le 9 avril 1882, en compagnie de Matthew Scott, il foula le sol américain où une fanfare l'accueillit, une parade de cirque le conduisit par Broadway jusqu'au Madison Square Garden, entouré de milliers de New-Yorkais.
Barnum réussit, avec la seule présentation de l'énorme animal, à attirer environ neuf millions de personnes aux États-Unis et au Canada, au cours d'une tournée de trois ans.
Le 15 septembre 1885 Jumbo se trouvait à la gare de Saint-Thomas en Ontario. En raison sans doute d'une erreur d'aiguillage à l'occasion d'un transbordement, il fut happé par la locomotive d'un train de marchandises qui s'approchait. La locomotive avec deux wagons sortit des rails et Jumbo fut tué.
L'animal fut empaillé mais le 14 avril 1975 un incendie éclata à l'université de Tufts, dans le Massachusetts dans le hall où il résidait et brûla ce qu'il restait de lui (on a retrouvé un morceau de sa queue).


Cet éléphant célèbre a donné son nom à de nombreux artéfacts et entreprises et a naturellement été repris pour désigner d'autres éléphants. Ce terme est devenu le synonyme de gros et grand. Par exemple les "jumbo jet", surnom du gros porteur Boeing 747. L'éléphant des dessins animées des studios Disney, appelé Dumbo, fait référence à ce nom, il est construit à partir de Dummy (nul) ou Dumb (idiot) et Jumbo.