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jeudi 26 novembre 2009

La bataille de la Bérézina

La Bataille de la Bérézina eut lieu du 26 au 29 novembre 1812 près de la rivière Bérézina, aux alentours de la ville de Borissov (dans l'actuelle Biélorussie), entre l'armée française de Napoléon Ier et les armées russes, de Koutousov, de Wittgenstein et de Tchitchagov, après l'échec de la campagne de Russie.

Cinq mois après le franchissement du Niémen le 24 juin, la Grande Armée bat en retraite. Celle-ci se fait dans de mauvaises conditions : l’hiver est précoce et très rigoureux. Exposée sur son flanc aux coups de l'armée de Wittgenstein, poursuivie par celle de Koutousov, l’armée française se trouve devant une rivière marécageuse : la Bérézina. Les armées russes comptent sur cet obstacle naturel pour bloquer l'armée de Napoléon et ainsi l'anéantir.

Lors de la bataille, les soldats français et polonais font preuve d'une grande bravoure et d'un esprit de sacrifice : malgré leur supériorité numérique et leurs initiatives les Russes n'ont pas réussi à stopper l'armée impériale éprouvée par la retraite. Grâce, notamment, au courage du général d’Éblé et de ses pontonniers qui construisirent deux ponts pour permettre le passage dans la rivière gelée (ces hommes s’exposaient en effet à une mort certaine - D’Eblé est mort quinze jours plus tard) le gros de l'armée réussit à franchir la Bérézina. Mais de nombreux retardataires sont encore sur l'autre rive. Maintes tentatives sont faites pour convaincre les retardataires de l'urgence à traverser, mais la plupart des traînards, épuisés, préférant attendre le jour, restent sourds à ces injonctions. Après avoir autant que possible reporté l'échéance, les deux ponts sont incendiés sur l'ordre de Napoléon. La rive gauche de la Bérézina offre alors le spectacle tragique d'hommes se précipitant à travers les flammes des ponts ou tentant de traverser la rivière à la nage.
Les cosaques russes s'emparent du butin abandonné par la Grande Armée et font de nombreux prisonniers (les Russes prendront en tout environ 10 000 prisonniers).

Même si la Grande Armée évite l'anéantissement, après le passage de la Bérézina sa situation est tragique.
Les œuvres et les récits terribles des soldats ont fait de la traversée de la Bérézina le symbole de la tragique retraite de Napoléon et de la débâcle que fut la campagne de Russie. Au point que, les livres d'histoire français s'étendent très peu sur les deux campagnes suivantes (Allemagne et France) où le sort de la guerre a pourtant été sur le point de basculer à plusieurs reprises. L’une des principales sources pour cet épisode des guerres de la Révolution et de l’Empire sont les souvenirs du général Rostopchine (père de la comtesse de Ségur), Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l’année 1812, parus en 1824.

La Bérézina est ainsi restée une profonde blessure dans l'imaginaire français, un désastre national au cours duquel la neige a enseveli les rêves de conquête de Napoléon. Le mot de « bérézina » est d'ailleurs passé dans le langage courant comme synonyme de déroute, d'échec cuisant, en dépit de la victoire de l'armée française lors de cette bataille.