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samedi 12 juillet 2014

Qu'est-ce que le Manhattanhenge ?

Manhattanhenge est un événement se produisant deux fois par an, vers le 28 mai et le 12 juillet, deux dates de part et d'autre du solstice d'été. Le soleil couchant s'aligne avec les principales rues orientées Est-Ouest de Manhattan, à New York (particulièrement visible dans les 14e, 23e, 34e et 42e rues).

Le terme "Manhattanhenge", popularisé en 2002 par l'astrophysicien Neil de Grasse Tyson, est un mot-valise dérivé de Manhattan, l'île où se produit le phénomène, et de Stonehenge, site mégalithique du Royaume-Uni dont l'alignement putatif des pierres avec le soleil à certaines dates est une théorie courante en archéoastronomie.

Le même phénomène existe dans d'autres villes à d'autres dates. À Chicago, le soleil couchant s'aligne avec les rues le 25 septembre, un phénomène connu comme "Chicagohenge". À Toronto, "Torontohenge" se produit au coucher de soleil le 25 octobre et le 16 février. Montréal connait un "Montrealhenge" également le 12 juillet.


mardi 10 juin 2014

Qu'est ce que le présentéisme ?

Le présentéisme, au sens le plus strict et par antinomie de l'absentéisme, est le fait d’être présent.

Dans un sens plus courant, le présentéisme est un mot-valise à connotation négative qui fait écho à différentes acceptions :
- le présentéisme contemplatif ou absentéisme moral consiste à être présent au travail mais à faire autre chose que travailler pour son employeur
- le présentéisme stratégique consiste à rester tard le soir pour se faire bien voir en montrant sa motivation au travail

Selon une étude du cabinet Midori Consulting, en France le taux de "présentéisme" dans les entreprises est compris entre 6 et 11%... Jusqu'à deux fois plus que le taux d'absentéisme (4,53%).
Alors que le coût de l'absentéisme est pris partiellement en charge par l'Etat (versement d'indemnités journalières), le coût du présentéisme est entièrement supporté par l'entreprise (qui, productif ou pas, vous verse 100% de votre salaire lorsque vous êtes présent). 


dimanche 27 avril 2014

Pourquoi au théâtre parle-t-on de "côté cour" et de "côté jardin" ?

Dans le vocabulaire théâtral, le côté cour est le côté droit de la scène, vu de la salle, par opposition au côté jardin, qui est le côté gauche. 

Ces mots viennent d'une habitude prise à la Comédie-Française, à l'époque où, à partir de 1770, la troupe s'installa dans la salle des machines du jardin des Tuileries ; la salle donnait effectivement d'un côté sur la cour du bâtiment, et de l'autre sur le jardin.

Auparavant, on nommait la cour "côté de la reine" et le jardin "côté du roi", les loges de chacun se faisant face à gauche et à droite de la scène (en regardant la salle).

Les machinistes situés à la cour sont appelés "couriers", et ceux du jardin "jardiniers".

Les moyens mnémotechniques les plus connus, pour savoir où se situent le jardin et la cour, consistent pour le public à se rappeler les initiales de Jésus-Christ (J.-C comme Jardin/Cour) en regardant la scène ; et pour les acteurs se remémorer la formule "côté cour, côté cœur" en regardant la salle, le cœur étant situé à gauche.


mardi 26 novembre 2013

Qu'est ce que le "Maracanaço" ?

Il s'agit du match de football Brésil - Uruguay, rencontre ultime et décisive de la phase de groupe concluant la Coupe du monde de football de 1950.

A l'occasion de cette coupe du monde, 12 ans après une interruption liée à la seconde guerre mondiale, le Brésil, en tant que pays hôte, faisait construire le stade Maracanã.
A la différence des autres Coupes du monde, passées et futures, le vainqueur de cette Coupe du monde est déterminé à l'issue d'une phase de groupe opposant quatre équipes, et non d'une finale. Mais le dernier match oppose les deux sélections en tête du groupe, le Brésil et l'Uruguay, séparées d'un seul point. Pour être sacré à domicile, le Brésil ne doit pas perdre.

La veille du match décisif, les joueurs Brésiliens, convaincus de leur victoire finale, défilaient dans les rues de Rio, sous l’applaudissement d’une foule en liesse. 
Cependant, le 16 juillet 1950, la victoire de l'Uruguay est considérée comme l'une des grandes surprises de l'histoire du football (malgré l'ouverture du score des Brésiliens). Le match est connu au Brésil comme le Maracanaço (en français : "Le choc du Maracanã").

mardi 5 novembre 2013

Qu'est ce que le Moofing ?

Il s'agit d'un terme anglais définissant le fait de travailler en dehors du bureau : "mobile out of the office worker"

Pas besoin de pied-à-terre fixe, les travailleurs doivent juste rester connectés. Un ordinateur portable, un smartphone et une connexion Internet font l’affaire. Le bureau peut alors se trouver dans un café, un jardin public ou tous autres espaces publics disposant d'une connexion internet.


mercredi 4 septembre 2013

Qu'est ce qu'un palindrome ?

Le palindrome, du grec pálin ("en arrière") et drómos ("course"), aussi appelé palindrome de lettres, est une figure de style désignant un texte ou un mot dont l'ordre des lettres reste le même qu'on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche, comme dans la phrase "Ésope reste ici et se repose" ou encore "La mariée ira mal".

On peut distinguer les palindromes possédant un nombre pair de lettres, dans lesquels l'axe de symétrie passe entre deux exemplaires de la même lettre ("élu par cet|te crapule"), des palindromes à nombre impair de lettres, dont une "lettre-pivot" occupe le centre ("Ésope reste ici et se repose").

Le terme "eibohp" est par plaisanterie la phobie des palindromes. Le mot phobie inversé, "eibohp", est préfixé au mot phobie afin de créer un néologisme sous forme de palindrome. 

mercredi 24 juillet 2013

Pourquoi un dilemme est-il cornélien ?

Un dilemme cornélien est une expression impliquant la notion d'un choix impossible entre deux valeurs tout aussi importantes et estimables l'une que l'autre, à savoir le Devoir d'un côté, et l'Amour de l'autre.
Il ne s'agit pas d'une alternative mais d'un dilemme qui, quelle que soit l'option choisie, aura, du fait même du choix réalisé, des conséquences négatives.

Ce dilemme est appelé "cornélien" du nom de son inventeur Pierre Corneille, qui l'expose dans plusieurs de ses pièces, dont les plus connues sont Le Cid et Polyeucte

Dans la pièce Le Cid, Rodrigue, qui doit épouser Chimène qui l'aime et dont il est amoureux, doit venger l'honneur de son père "bafoué" par le père de Chimène. La querelle des deux vieillards rejaillit sur la destinée des deux jeunes gens : si Rodrigue obéit à son Devoir, il doit tuer le père de sa promise, mais du coup perd son amour ; s'il refuse la vengeance au profit de l'Amour, il manque à son Devoir et portera toute sa vie la marque de la lâcheté. 


On parle parfois de choix cornélien : ce terme est inexact, puisqu'un choix peut impliquer plusieurs possibilités, tandis qu'un dilemme ne propose que deux possibilités qui s'excluent l'une de l'autre.

D'autres cultures connaissent l'équivalent du dilemme cornélien. C'est le cas, par exemple, de la littérature japonaise, avec la notion de Giri-ninjo : il s'agit de l'opposition entre les obligations morales et sociales du devoir et son conflit avec les sentiments personnels. Ce conflit était souvent le moteur de l'intrigue dans le théâtre traditionnel, puis dans le cinéma japonais.

dimanche 30 juin 2013

Pourquoi parle-t-on de "génération Y" ?

La génération Y regroupe des personnes nées approximativement entre la fin des années 1970, ou début des années 1980 (selon les sociologues) et le début des années 2000.

L'origine de ce nom a plusieurs attributions.
D'abord, parce qu'elle suit la génération X (du nom d'un roman à succès de Douglas Coupland), née avec l'abondance et qui a découvert la crise. 
Le Y pourrait aussi provenir du mot "why" (qui se prononce comme la lettre Y en anglais), référence à une génération qui demande le "pourquoi" de chaque instruction reçue.
Pour d'autres, il vient du Y que trace le fil des écouteurs sur leur torse, attributs symboliques par excellence des moins de 30 ans.


La génération Y est un concept valable pour les pays occidentaux essentiellement avec des postulats tels que :
- ils n'ont pas eu à subir la menace d'apocalypse de la guerre froide
- ils n'ont pas connu le monde sans le sida.
- ils étaient suffisamment jeunes lors de l'introduction massive de l'informatique grand-public et de l'électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS) pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents (d'où le surnom de "digital natives")
- ils sont nés avec les débuts de l'intérêt du grand public pour l'écologisme (qui était précédemment l'affaire d'une minorité).
- le jeu vidéo est pour eux un divertissement banal, au contraire de la génération X pour laquelle il était encore parfois perçu comme marginal.

Dans l'article du Monde "Génération Y... Les empêcheurs de travailler en rond", on y lit que Christine Charlotin distingue les anciens, la "génération héritage", qui a pris le pouvoir pendant les "trente glorieuses", celle du management vertical, aujourd'hui surtout présente dans les conseils d'administration ; les baby-boomers, qui sont nés après la guerre et jusqu'au milieu des années 1960, une génération née "au bon moment" et que le chômage zéro a tirée vers le haut dans l'entreprise ; la génération X, née dans l'abondance et qui découvre la crise. Selon les auteurs, elle commence entre 1963 et 1967. Entre la X et la Y, la formatrice ajoute une génération "réseau" (1968-1978), celle qui a vu l'avènement du CDD et mis en place des pratiques spécifiques pour se rassurer.

La génération Y  est parfois surnommée Génération Peter Pan, qui, en l'absence de rites de passage à l'âge adulte, ne construisent pas d'identité ou de culture d'adulte spécifique. Ce surnom fait également référence à la tendance des membres de cette génération à quitter le domicile familial plus tard que les générations précédentes. 

lundi 17 juin 2013

Qu'est ce qu'un Lupanar ?

Un lupanar, synonyme de maison close, est un établissement offrant le service de prostituées, terme plus discret que son synonyme populaire bordel.

Le mot "lupanar", emprunté directement au latin (première attestation en français en 1532), est dérivé du latin lupa, "louve", dont le sens de "courtisane, prostituée" est attesté avant même celui de "femelle du loup". Les prostituées de la Rome antique étaient appelées lupa, "louve", possiblement parce qu'elles criaient la nuit pour appeler leurs clients, ou en référence à la "louve évocatrice de la bestialité sexuelle".


jeudi 16 mai 2013

Qu'est ce que l'illectronisme ?




L'illectronisme est un néologisme, traduction de information-illiteracy, qui transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique, du numérique.

Il s’agit d’un manque de connaissance des clés nécessaires à l’utilisation des ressources électroniques. On peut recenser deux types de difficultés éprouvées par le lecteur dans l’accès à ces ressources : celles qui sont liées à la pratique et à la manipulation de ces nouveaux outils et celles qui sont liées au contenu et à la vérification des informations véhiculées.
L’illectronisme résulte aussi de craintes ou aversions : pour certains l’internet reste une arme, pour d’autres des choix de vie furtifs les empêchent de connaître les réseaux sociaux et les privent des usages de partages d’informations. 

Selon une étude du Gartner Group datant de 2010, l’illectronisme menaçait 50 millions d’Américains. Alors que les milieux favorisés compteraient 83% d’internautes, seulement 35% des personnes des couches défavorisées ont accès à Internet. Ce serait une nouvelle cause d’inégalité sociale, culturelle ou économique.
"La conséquence inévitable est donc de voir une partie importante de la population américaine (et bien d'autres) sombrer dans une sorte d'autisme social, puisque, inéluctablement, internet tisse aujourd'hui une nouvelle convivialité" (source 01net).

Selon Bernard Benhamou, délégué aux usages de l’Internet au ministère de la Recherche et de l’Économie Numérique, la France compte encore 15% "d'illectrés" représentant environ dix millions de citoyens français (source Presse Citron).

mercredi 20 février 2013

Qu'est ce que l'épectase ?

L’épectase est, chez les chrétiens, le progrès de l’homme vers Dieu (le terme est repris par Grégoire de Nysse, principalement dans sa Contemplation sur la vie de Moïse et dans ses Homélies sur le Cantique des cantiques).
L’épectase est également, dans son sens plus connu, le décès pendant l'orgasme. 

En 1974, le cardinal français Jean Daniélou trouve la mort dans des circonstances embarrassantes pour l’Église catholique romaine : on trouve son corps chez une prostituée. L’Église Catholique expliqua alors que le cardinal visitait fréquemment les malades et les prostituées. L'éloge funèbre du père Tilliette dans le Figaro indiquait que c’est "dans l’épectase de l'Apôtre qu’il est allé à la rencontre du Dieu Vivant". 
Le cardinal Daniélou a en effet abondamment commenté la notion d'épectase dans son ouvrage sur Grégoire de Nysse, Platonisme et théologie mystique, en 1944. Ce terme était d’ailleurs tellement associé à J. Daniélou pour ses confrères que le volume d'études universitaires écrit en son honneur a été publié sous le titre Epektasis. 
C'est Le Canard enchaîné, peu convaincu, plaisante sur le mot, qui lui donne ainsi cette seconde signification qu’il n’avait pas au départ.



Bien que chronologiquement inexacte, il est possible de citer comme illustration de ce sens dérivé la mort du président Félix Faure, advenue dans le salon bleu du palais de l'Élysée et selon la rumeur suite à une fellation administrée par sa maîtresse Marguerite Steinheil.

dimanche 17 février 2013

Qu'est ce que le "Myspace angle" ?

Sur les réseaux sociaux et Internet plus généralement, il s'agit d'un angle particulier de prise de vue d'une photo de profil (avatar), souvent en plongée, pour mettre astucieusement en valeur la personne qui se photographie.

Aussi surnommé en anglais le "Fat Girl Angle Shot", cette technique, qui aurait vu le jour sur le réseau social Myspace, consiste à n’utiliser que des photos dont l’angle permet de masquer la réalité avec généralement un cadre resserré et/ou une dissimulation de certaines parties du corps.





dimanche 13 janvier 2013

L'origine du terme "vandalisme"

Le vandalisme désigne tout acte de destruction ou de dégradation gratuite visant des biens publics ou privés.

Dérivant de la horde germanique les Vandales qui, en 455, avait mis Rome à sac, avant de s'illustrer dans d'autres pillages, le terme apparaît en 1793 pour être popularisé le 10 janvier 1794 par Henri Grégoire, dit "l'abbé Grégoire", évêque constitutionnel de Blois, dans son rapport adressé à la Convention. Il utilise le mot pour désigner l'attitude destructrice d'une partie de l'armée républicaine notamment des monuments nationaux.


La violation des caveaux des rois dans la basilique Saint-Denis, en Octobre 1793
Il existait déjà le terme d'iconoclasme, créé par les Byzantins pour décrire les briseurs d'images ou de statues religieuses mais le mot avait le double désavantage d'être un peu trop savant et d'être associé aux images religieuses. 
Les destructions des immeubles et du mobilier au moment de la révolution vont plus loin que le simple iconoclasme : "C’est avec réflexion et sang-froid qu’on a attaqué nos monuments d’architecture et de sculpture. Des maçons étaient payés à la journée pour anéantir les ouvrages d’art."

En s'étendant, la notion de vandalisme cesse également de concerner seulement les pays riches. Il existe un vandalisme du temps, que pallie la restauration, mais aussi un vandalisme de la misère, lorsque des pays ne peuvent se permettre de maintenir en l'état leurs monuments historiques ou doivent les sacrifier à des impératifs de développement. 
Un des déclencheurs de cette prise de conscience est la décision du président Nasser de faire construire un nouveau barrage sur le Nil menaçant le temple de Ramsès II à Abou Simbel et le sanctuaire d'Isis à Philæ. 
Dès 1972, l'Unesco propose une Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, qui doit servir à garantir la protection de sites considérés comme Patrimoine de l'humanité, en les inscrivant dans la Liste du patrimoine mondial. L'opinion publique internationale se mobilise devant ce qu'elle considère comme une menace de vandalisme insupportable. Abou Simbel est sauvé.

Mais le mot vandalisme n'a pas fini d'élargir son sens. En 1901, se crée une Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France. Avec le développement de l'écologie et de la protection de l'environnement, le terme en vient à désigner aussi la dégradation des sites naturels par la pollution ou par l'urbanisme sauvage. Les sites naturels sont désormais eux aussi classés et protégés autant que faire se peut des vandales en tous genres qui les menacent.

À force d'être utilisé comme terme d'opprobre, le mot vandalisme finit par perdre le sens d'une attaque contre le patrimoine pour ne plus dénoter que la destruction aveugle ou malfaisante.

vendredi 14 décembre 2012

L'origine de l'expression « Métro, boulot, dodo »

« Métro, boulot, dodo » est une expression inspirée d'un vers de Pierre Béarn (de son vrai nom Louis-Gabriel Besnard) du recueil de poésie Couleurs d'usine, paru en 1951. L'expression, ainsi que le poème, est une critique de la monotonie et la répétition d'un quotidien trop constant et vue sans issue possible.

« Au déboulé garçon pointe ton numéro
Pour gagner ainsi le salaire
D'un morne jour utilitaire
Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro »

Poète, romancier, fabuliste (360 fables à son actif), journaliste, auteur de récits de voyages, critique gastronomique et littéraire, Pierre Béarn mena une vie assez aventureuse avant de se fixer comme libraire à Paris où il fonda en 1934 la librairie du Zodiaque, située dans le Quartier Latin, 60 Rue Monsieur-le-Prince, qu'il dirigea jusqu'en 1981.
Il vécut jusqu'à 102 ans. Il s'est marié quelques mois avant sa mort, fin mai 2004, avec Brigitte Egger, à l'âge de 102 ans.





dimanche 9 décembre 2012

L'origine du terme "Derby"

Tiré du nom de la ville de Derby (prononcé "Darby" avec un r effacé) en Grande-Bretagne, un derby est, à l'origine, un terme du vocabulaire hippique anglophone. Il s'agit d'une célèbre course disputée à Epsom par les chevaux de trois ans, à la fin de mai ou au début de juin, sur la distance classique de 2.400 m et destinée à désigner le meilleur cheval de sa génération (déf. Larousse).



Le terme a été étendu aux autres sports pour désigner un grand match, en football ou en cricket par exemple. 
Les Britanniques emploient l'expression "local derby" pour désigner une importante rencontre sportive mettant aux prises deux équipes locales géographiquement proches. C'est cette définition qui est reprise dans l'acception francophone du terme derby.

Il n'existe aucune règle pour déterminer la distance entre les localités d'origine des deux équipes et qualifier la rencontre de derby. Cela suppose cependant une distance maximale de 100 kilomètres.
Au nom du principe "une ville, un club", les derbys opposent le plus souvent des clubs d'une même région. Souvent, les rivalités régionales sont doublées d'enjeux sociaux, notamment lorsque les rencontres opposent une ville réputée bourgeoise à une ville de tradition ouvrière, comme Lyon et Saint-Étienne ou Lille et Lens.



mardi 4 décembre 2012

Qu'est ce qu'un Zoreil (et l'origine du terme) ?

Les Zoreilles (ou Zoreils) sont les Français venus de métropole à l'île de La Réunion, département d'outre-mer dans le sud-ouest de l'océan Indien et en Nouvelle-Calédonie dans le sud de l'océan Pacifique.

Robert Chaudenson dans son Lexique du parler créole de La Réunion (Paris, 1974), classe le terme dans les origines douteuses. 
Selon certains témoignages qu'il a recensés, le terme n'existait pas avant la Première Guerre mondiale. Chaudenson opte pour la traduction d'une expression malgache mena sofina ("oreilles rouges") qui est utilisée pour désigner les Européens (parce qu’ils ont les oreilles rouges). 
L'expression serait arrivé dans le parler réunionnais lors de la Première Guerre mondiale quand, après la mobilisation, beaucoup de créoles furent envoyés à Madagascar. Nombre d'officiers étaient métropolitains. Les recrues créoles ont peut-être pu se faire traduire par les soldats malgaches l'expression locale et la trouvant plaisante, l'ont introduit dans leur parler. D'autant qu'en créole "faire zoreilles cochon" signifie "faire le sourd, faire mine de ne pas entendre".

Une autre étymologie moins agréable veut que ce terme viendrait du fait que les Blancs coupaient les oreilles des esclaves qui s’échappaient des plantations (les chasseurs d'esclaves rapportaient leurs oreilles comme preuve pour se faire payer).

Il existe d'autres hypothèses plus ou moins crédibles pour expliquer l’origine du mot. On l’utiliserait :
- parce que les Métropolitains tendent l’oreille pour comprendre le créole, la langue parlée dans ces îles ;
- parce qu'anciennement, lorsqu'ils venaient de France métropolitaine, c’était pour espionner la population locale en laissant traîner leurs oreilles et en rendre compte à Paris.
- parce qu'en Martinique, il viendrait du tamoul durhei qui veut dire "maître".

A savoir enfin que du terme de zoreil a été dérivé celui de zoréol, désignant soit les métropolitains acculturés à la Réunion, soit les enfants nés à la Réunion d'au moins un parent zoreil.



lundi 3 décembre 2012

Pourquoi l'île de la Réunion s'appelle-t-elle ainsi ?



L'île de La Réunion est un département d'outre-mer du sud-ouest de l'océan Indien. Elle est située à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et à 170 kilomètres au sud-ouest de l'île Maurice, terre la plus proche.

Elle est appelée "Dina Margabin" (signifiant "île de l'ouest") par les Arabes qui furent les premiers à la découvrir dès le Moyen Âge. 
L’île apparaît ensuite sur des cartes portugaises sous le nom de Santa Apolonia suite à l'arrivée des Portugais dont le navigateur Pedro de Mascarenhas qui atteint les côtes de l'île le 9 février 1512 ou 1513, jour de la Sainte-Apolline.
Vers 1520, La Réunion, l'île Maurice et Rodrigues sont appelées archipel des Mascareignes, du nom de Mascarenhas. Aujourd’hui, ces trois îles sont encore couramment appelées les Mascareignes.

Au début du XVIe siècle, l’île est une escale sur la route des Indes pour les bateaux anglais et néerlandais. Un navigateur anglophone baptise par ailleurs l’île encore inhabitée England's forest.

C'est au tour des Français d'y débarquer en 1642 pour en prendre possession au nom du roi. Ils la baptisent île Bourbon, du nom de la famille royale.
L'île devient une escale de la Compagnie française des Indes orientales puis, à partir des années 1710, une véritable colonie pratiquant la culture du café. 

En mars 1793, pendant la Révolution, la Convention nationale décide, par décret de renommer le territoire "île de la Réunion" pour rompre avec le nom d'île Bourbon, trop attaché à l'ancien pouvoir royal.
Ce choix pourrait avoir été fait en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux parisiens qui a précédé l'insurrection du 10 août 1792 et la marche sur le palais des Tuileries, mais aucun document ne le justifie et le sens du mot "réunion" pourrait avoir été purement symbolique.

L’île va devenir au cours des années suivantes, Bonaparte, Bourbon puis en 1848, à nouveau et définitivement Réunion.

vendredi 30 novembre 2012

Le rapport entre les tables gigognes et les poupées russes

D'après Le Trésor des Paradoxes, de Philippe Boulanger & Alain Cohen (Éd. Belin, 2007), "le terme gigogne est lié à un personnage du théâtre de marionnettes". Dame Gigogne est était représentée sous les traits d'une femme géante des jupes de laquelle sortait une multitude d'enfants.
Symbole de fécondité, ce personnage de Dame (ou Mère) Gigogne est attesté dès 1602 dans la troupe des Enfants sans souci.
On rapproche aussi gigogne du latin "gigas" (géant), à l’origine du préfixe "giga" et de "gigantesque".

Par analogie, le terme "gigogne" renvoie  à des éléments de forme analogue et de taille décroissante pouvant s'emboîter les uns dans les autres (comme les tables).
En Russie, le concept de structure gigogne (à trois dimensions) a donné naissance à un artisanat spécifique, les poupées russes ou matriochkas
Selon l’agence de presse Novosti, on aurait conservé la première matriochka, façonnée à la charnière du XIX siècle et du XXe siècle : une paysanne tenant un coq. La poupée "mère" fut appelée "matriona" et ses "filles" reçurent le diminutif de "matriochka". Le coq était jadis un symbole de fécondité, en Russie et dans toute l’Europe, notamment en France : gage de prospérité et de fécondité, son effigie caracole en girouette sur les clochers.





samedi 24 novembre 2012

L'origine du nom de la Guadeloupe

La Guadeloupe (« Gwadloup » en créole) se compose d'îles et îlets, dont deux majeures habitées : la Grande-Terre et la Basse-Terre. Plusieurs terres voisines, Marie-Galante, l'archipel des Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas) et la Désirade sont rattachées administrativement à ce territoire.



Selon les connaissances actuelles, les Arawaks, des Amérindiens venus du plateau des Guyanes, furent les premiers à avoir occupé la Guadeloupe. Ils la baptisèrent Karukera, "île aux belles eaux".

En novembre 1493, lorsque Christophe Colomb arrive sur l'île de la Basse-Terre lors de son deuxième voyage, il nomme l'île Santa Maria de Guadalupe de Estremadura en hommage au monastère royal de Santa María de Guadalupe (situé dans la ville de Guadalupe, dans la province de Cáceres de la communauté autonome d’Extremadura en Espagne). C’est en ce lieu que Christophe Colomb fit son premier pèlerinage après sa découverte de l’Amérique en 1492 et ce fut dans ce lieu qu’il vint remercier pour cette découverte.



La modernisation de ce nom, et l'influence de la "Virgen de Guadalupe" finirent par avoir raison de son nom originel, puisqu'elle est maintenant officiellement la "Guadeloupe". Néanmoins, de nombreuses entreprises locales empruntent "Karukéra" dans leurs noms en référence au nom originel de l'île.

mercredi 17 octobre 2012

L'origine du nom du département de la Côte-d'Or

La Côte-d’Or est un département français parmi les quatre de la région Bourgogne. Il est le seul département français qui n'a pas été nommé selon un critère géographique stricto sensu. 

Le nom fut choisi par Charles-André-Rémy Arnoult, avocat au parlement de Dijon et député de l'Assemblée constituante de 1789, qui proposa ce nom, s'inspirant de la teinte dorée que prenaient les vignes de la région à l'automne. 
Le terme côte vient, lui, du relief de la région sur lequel poussent ces vignes : l'affaissement du plateau sédimentaire a formé un talus que les géologues désignent sous le terme espagnol de "cuesta" ou "côte" en français. 

Côte-d'Or l'emporta donc sur d'autres propositions telles que Haute-Seine ou Seine-et-Saône et c'est à partir du nom de ce département que le terme "côte d'Or" (sans trait d'union ni majuscule) finit par s'imposer pour désigner l'escarpement sur le versant duquel sont élevés, au nord, les vins de la côte de Nuits et au sud ceux de la côte de Beaune. 


Plus d'un siècle plus tard, la poésie de ce nom inspira l'auteur Stephen Liégeard lorsqu'il baptisa une portion du littoral méditerranéen du nom de Côte d'Azur.