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jeudi 18 novembre 2010

L'origine de l'expression "épater la galerie"

Salle de Jeu de paume au passage Cendrier
Les expressions "épater la galerie" ou "amuser la galerie" trouvent leur origine dans le jeu de paume, véritable passion française au XVe, XVIe et XVIIe siècle.
Les premières pratiques de ce jeu se faisaient en plein air, mais dès le XVIe siècle les terrains ses couvrirent d’un toit donnant naissance aux salles de Jeu de Paume (aussi appelés "tripots"). Les spectateurs observaient le jeu à partir de "galeries", allées couvertes ceinturant en partie la salle de jeu. Par métonymie, le terme évolua ; la galerie commença à désigner l’ensemble des spectateurs d’une compétition. "Épater la galerie" se disait donc lorsqu'un joueur réussissait un beau coup.


Sir Robert Dallington, maître d’école anglais, disait de la France en 1598 que c'était "un pays semé de jeux de paume, plus nombreux que les églises et des joueurs plus nombreux que les buveurs de bière en Angleterre".
Cette popularité explique pourquoi le Jeu de Paume a laissé autant d'expressions dans la langue française :
"Jeu de main, jeu de vilain" (voir article)
"Qui va à la chasse... perd sa place" qui vient de la formule de chasse (forme de gagne-terrain) pratiquée en longue paume. À la fin de cette phase de jeu, les joueurs changent de côtés de terrain et le serveur perd sa place favorable.
"Les enfants de la balle" - on nommait ainsi les paumiers (fabricants des balles).
"Prendre la balle au bond"
"Tomber à pic"
"Rester sur le carreau"
"Chassé-croisé" deux chasses posées, traversez! crie le marqueur ou le commissaire.


A la fin du XVIIe siècle, Louis XIV donne à ce sport le coup de grâce en délaissant totalement cette pratique. Par convention plus que par passion, il fait toutefois construire une salle de Jeu de Paume au château de Versailles qui sera bien utile aux Révolutionnaires quelques décennies plus tard.