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jeudi 11 novembre 2010

Comment fut choisi le soldat inconnu ?

En 1920, huit corps de soldats ayant servi sous l'uniforme français mais qui n'avaient pu être identifiés furent exhumés dans les huit régions où s'étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine.


Le 9 novembre de cette même année, les huit cercueils de chêne furent transférés à la citadelle de Verdun, dans un bunker où ils furent plusieurs fois changés de place pour préserver l'anonymat de la provenance de chacun d'entre eux.


Le lendemain, les cercueils furent placés sur deux colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d'honneur fut confiée à une compagnie du 132e régiment d'infanterie. André Maginot, ministre des Pensions, s'avança vers un des jeunes soldats qui assurait la garde d'honneur, Auguste Thin, engagé volontaire de la classe 1919, fils d'un combattant disparu pendant la guerre, pupille de la nation. Il lui tendit un bouquet d'oeillets blancs et rouges, et lui exposa le principe de la désignation : le cercueil sur lequel ce jeune soldat allait poser ce bouquet serait transféré à Paris et inhumé sous l'arc de Triomphe.


Mise en tombeau du soldat inconnu
"Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai" raconta plus tard Auguste Thin.
Partant par la droite, Auguste Thin fit un tour, puis il longea les quatre cercueils de droite, tourna à gauche, passa devant le 5e et s'arrêta devant le 6e cercueil. Il déposa son bouquet et se figea au garde-à-vous.
Le cercueil du soldat inconnu quitta Verdun dans la foulée sous escorte militaire. Il fut transporté à Paris par train et veillé toute la nuit place Denfert-Rochereau. Le cercueil fit une entrée solennelle sous l'arc de Triomphe le 11 novembre 1920, mais ne fut mis en terre que le 28 janvier 1921.


Tombe du soldat inconnu
Suite à l'idée émise début 1921 par le sculpteur ariégeois Grégoire Calvet, puis en octobre 1923 par l'écrivain Gabriel Boissy, la flamme sacrée sous l'arc de Triomphe fut ainsi allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 à 18 heures par André Maginot, ministre de la Guerre, tandis que les troupes du 5e régiment d'infanterie présentaient les armes et que la musique jouait la Marche funèbre de Chopin.
Elle est ravivée tous les soirs à 18 h 30.