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vendredi 24 décembre 2010

La tradition de la bûche de Noël

En France, en Belgique, au Québec, au Vietnam, au Liban, et généralement dans les pays francophones, le repas de Noël se termine en dégustant la bûche de Noël : cette tradition culinaire reproduit, en fait, un autre rite lié à la célébration du solstice d'hiver.


Bûche Âtre Feu
Depuis plusieurs siècles, en effet, on a pour habitude, lors de la veillée de Noël, de faire brûler dans l'âtre (endroit de la cheminée où l’on fait le feu, et autour duquel se déroulait la vie du ménage) une très grosse bûche qui doit se consumer très lentement. Il est choisi, de préférence, un tronc d'arbre fruitier censé garantir une bonne récolte pour l'année suivante. Lors de l'allumage, la bûche est bénie à l'aide d'une branche de buis ou de laurier, conservée depuis la fête des Rameaux. 


Lors de sa combustion, la bûche est, dans certaines régions, arrosée de vin afin d'assurer une bonne vendange, ou de sel pour se protéger des sorcières. On conserve souvent les tisons afin de préserver la maison de la foudre. On conservait aussi toute l'année du charbon qu'on faisait entrer dans la composition de plusieurs remèdes.
On disait en patois en l'allumant dans certaines régions : "Cache le feu (ancien), allume le feu (nouveau); Dieu nous comble d'allégresse". Le plus ancien de la famille arrosait alors eu bois, soit de lait, soit de miel, en mémoire des délices d'Eden, soit de vin, en souvenir de la vigne cultivée par Noé, lors de la rénovation du monde. 


A Marseille, en portant la bûche de Noël, on ne cessait de crier en patois : "Noël vient, tout bien vient". Ensuite le chef de la famille, ou, en son absence, le plus âgé, s'avançant vers la bûche pour la bénir, y versait du vin en invoquant la Sainte-Trinité, en disant : "Au nom du Père et du Fils, et du Sant-Esprit", et il y mettait le feu. 
En Bourgogne, le père de famille ordonnait à un enfant d'aller en quelque coin de la chambre prier Dieu que la souche donne des bonbons. Pendant ce temps-là on mettait au bas de chaque bout de la bûche de petits paquets de sucreries, fruits confits, noix que ces enfants venaient recueillir en croyant de bonne foi que la souche les avait donnés. Le vigneron qui n'avait pas de quoi offrir des sucreries aux enfants y mettait dessous des pruneaux et des marrons.


Bûche de Noël
La disparition des grands âtres met fin à la coutume des bûches qui y étaient brûlées : la date de naissance du dessert qui les a remplacées reste inconnue. Certains évoquent la création d'une bûche réalisée à base de crème au beurre en 1945 mais le gâteau roulé de Noël est déjà traditionnel, tout du moins dans la région Poitou-Charentes, depuis le XIXe siècle.