Le Saviez-Vous vous souhaite la bienvenue

Friand de culture, avide de savoir ?

L'idée est simple : une info par jour ou presque. Certaines vous amuseront, certaines vous fascineront, d'autres vous laisseront sans doute perplexes...

Merci de votre fidélité et à très bientôt.




mercredi 8 septembre 2010

Le mythe des canaux martiens

La croyance en l’existence des canaux martiens marqua l’imagination populaire de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, contribuant au mythe de l’existence d’une vie intelligente sur la quatrième planète du système solaire.


Canaux martiens
Le terme italien de canale fut utilisé dès 1858 par Angelo Secchi pour désigner ce qu’il pensait être de larges étendues d’eau. En italien, le mot canale désigne aussi bien un canal artificiel qu’un chenal naturel.
Giovanni Schiaparelli fut le premier à observer en 1877 une formation rectiligne qu'il appela "canaux" (canali), sans s’avancer dans un premier temps quant à leur interprétation ; ils furent par la suite aperçus par d’autres comme Charles E. Burton ou bien William Pickering, ce dernier évoquant des lacs ainsi que l’existence d’une fonte de calottes polaires .


Canaux martiens
C’est Percival Lowell qui fut le promoteur principal de l’hypothèse des canaux d’irrigation. Il était convaincu de l'existence sur Mars d'habitants qui luttaient contre la sécheresse et la désertification en irriguant les terres jusque dans les régions équatoriales à partir de la fonte des calottes polaires, grâce à un système de pompes et d'écluses. Journaux et magazines relayèrent l’hypothèse. Il réalisa des cartes montrant les canaux et établit également en 1896 une carte de Mercure avec des canaux similaires à ceux de Mars. Il publia ses travaux sur Mars dans trois ouvrages : Mars (1895), Mars and Its Canals (1906) et Mars As the Abode of Life (1908).


Néanmoins, dès 1894, certains émettaient des doutes sur la nature des "mers" martiennes et la présence d’eau sur la planète. En 1903, Joseph Evans et Edward Maunder entreprirent une expérience avec comme sujets de jeunes écoliers et montrèrent que ces canaux pouvaient être le résultat d’une illusion d'optique.
En 1907, le naturaliste et biologiste Alfred Russel Wallace publie Is Mars habitable?. En se basant sur les analyses spectroscopiques qui ne montrent pas de vapeur d’eau et les estimations de température et de pression, il conclut que Mars n’est ni habitée, ni habitable.
Enfin, Eugène Antoniadi, à l’origine partisan de l’hypothèse des canaux, procéda à une observation depuis l’Observatoire de Meudon et vit bien des taches mais aucun réseau géométrique. Le 27 décembre 1909, il écrit que l’aspect de la planète Mars est naturel, comparable à celui de la Lune.


Il ne s’agira au final que d'une interprétation de très grandes traces rectilignes dont l'existence fut confirmée par l'observation, mais dont l'origine est considérée aujourd'hui comme géologique.