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lundi 7 mars 2011

La possible origine française de l’hymne "God save the Queen"

Le Royaume-Uni n'a pas d'hymne national officiel, mais le "God save the Queen" (Que Dieu protège la Reine) possède une longue histoire d'usage dans cette fonction et est utilisé par le gouvernement comme hymne national. Lorsque le souverain britannique est un homme, on utilise une version alternative qui est en fait le texte original "God save the King".
Bien que son origine soit incertaine voici les différentes thèses à son sujet :

 - Dans l'ouvrage apocryphe (dont l'authenticité n'est pas établie) Souvenirs, la Marquise de Créquy évoque une origine française de l’hymne. L'ancêtre du "God save the King" serait le poème "Grand Dieu sauve le Roi", écrit en 1686 par la duchesse de Brinon, supérieure de la Maison royale de Saint-Louis (futur lycée militaire de Saint-Cyr) pour l'inauguration de son établissement en septembre par le roi, alors souffrant d'une fistule anale. Jean-Baptiste Lully le mis en musique en 1687 pour célébrer la réussite de  cette opération chirurgicale, ce qui donna lieu à des festivités considérables dans tout le royaume, popularisant ainsi l'hymne. La mort prématurée de Lully au cours des répétitions a conduit à une certaine confusion sur la paternité de l'oeuvre. Celui-ci serait probablement tombé dans l'oubli à la mort de Louis XIV si le compositeur allemand Haendel ne l'avait entendu lors d'une visite à Versailles en 1714 puis plagié à son retour en Angleterre. Il l'aurait par la suite vendu à la couronne britannique pour en faire un hymne royal lui valant ainsi la paternité de l'œuvre. Le texte anglais, qui fut traduit par un certain Carrey, suit fidèlement la version française, à un ou deux adjectifs près. Le chant rencontra vraisemblablement un énorme succès et fut joué dans toutes les cérémonies officielles où le roi était présent.
Par ailleurs, traduit en latin "Domine, salvum fac Regem", il devint l'hymne royal français jusqu'en 1792, date de la dissolution de la monarchie.

- Dans le Oxford Companion to Music (1938), son auteur, Percy Scholes, cite un morceau de clavier de John Bull (1619) qui a de fortes similitudes avec l'air moderne, selon le placement des altérations qui, à cette époque et dans certains cas, étaient non écrites et laissées à la discrétion de l'interprète.
Il indiqua également que plusieurs morceaux de Henry Purcell, dont un inclut les notes d'ouverture de l'air moderne, contiennent les mots : "God save the King".
La première édition définitive de l'air actuel est apparue en 1744 dans Thesaurus Musicus. La chanson serait devenue populaire l'année suivante, après le débarquement de Charles Édouard Stuart, qui marque la fin des espoirs des Stuart de remonter sur le trône anglais. Les Hanovre, victorieux, adoptent cet air comme hymne royal britannique.

A noter également que cet hymne fut traduit en allemand en 1790, en pleine période révolutionnaire, perçu alors comme un hymne royal célébrant l'Ancien Régime et non un hymne anglais comme aujourd'hui. Il a été pour cette raison choisi pour être l'hymne de l'empereur d'Allemagne, tant du Roi de Prusse que de l'Empereur d'Autriche-Hongrie, pays où il était chanté quotidiennement par tous les écoliers jusqu'en 1918.