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lundi 3 août 2009

Le mot de Cambronne

Selon une légende très populaire, commandant le dernier carré de la Vieille Garde à Waterloo, sommé de se rendre par le général britannique Colville, Cambronne aurait répondu :
"La garde meurt mais ne se rend pas !"
Puis, devant l'insistance du Britannique, il fait une réponse aussi énergique que concise 
"Merde !", aujourd'hui connue comme le "mot de Cambronne" qu'il nia cependant toute sa vie avoir faite. 

On a souvent contesté la réponse qui a illustré Cambronne. La paternité de cette réponse, devenue honorable, fut disputée et valut même un procès aux descendants de Cambronne, par ceux du général Michel. Le Conseil d'État ne trancha pas.

Cette grossièreté héroïque a inspiré une pièce à Sacha Guitry : Le Mot de Cambronne. Comme elle est en vers et que le mot en question ne possède qu'une seule rime ("perde"), l'oreille du spectateur est évidemment aux aguets.

Victor Hugo, lui, a écrit : "Cambronne à Waterloo a enterré le premier empire dans un mot où est né le second".

Que le mot soit authentique ou non, le nom du général y est maintenant indissociablement attaché, à ce point qu'il est devenu un euphémisme ("Oh, et puis Cambronne à la fin !") et l'on trouve parfois le verbe cambronniser.
Et comme le mot est censé porter chance à celui à qui on le dit, Tristan Bernard a eu cette constatation désabusée :

"Cambronne, on y pense avec peine,
Ne se montra pas bien français :
Crier aux ennemis le mot qui porte veine,
C'était fatalement assurer leur succès."

Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui (Jean Yanne)