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vendredi 2 juillet 2010

L’histoire du naufrage de la Méduse

La frégate la Méduse
En 1816, la France récupère ses comptoirs au Sénégal qui lui avaient été pris par les Britanniques au cours des guerres de l'Empire. Le 17 juin 1816, une division de bateaux sous la direction du commandant de la Méduse, le capitaine de frégate Hugues Duroy de Chaumareys, quitte l’île d’Aix (Charente-Maritime) pour rallier Saint-Louis du Sénégal que les Anglais viennent de restituer à la France après le Traité de Paris de 1814. Cette expédition est composée de la frégate La Méduse, la corvette l’Écho, le brick l’Argus et la flûte La Loire.


Le commandant de la frégate est un noble royaliste qui n'a quasiment pas navigué depuis l'époque de l'Ancien Régime. Il commence la traversée en distançant les autres navires, plus lents que le sien, et se retrouve ainsi isolé. N'écoutant pas les avis de ses officiers, il accorde toute confiance à un passager prétendant avoir déjà parcouru les parages, un dénommé Richefort. Il se trompe dans son estimation et situe le navire bien plus loin du redoutable banc d'Arguin qu'il ne l'est en réalité. Au lieu de le contourner en passant au large comme l'indiquent ses instructions, il rase les hauts-fonds, jusqu'à ce que l'inévitable se produise le 2 juillet.
La frégate s'échoue sur un plateau de banc de sable à 160 km de la côte mauritanienne.


Les opérations de déséchouage se passent mal et l'évacuation est délicate : le 4 juillet, les chaloupes sont mises à l'eau et sur le radeau s'entassent 152 marins et soldats avec quelques officiers, une femme est parmi eux. Il est prévu, au départ, que le radeau soit remorqué à terre par les chaloupes et tout le monde doit atteindre le Sénégal en longeant le littoral saharien. Dix-sept hommes restent sur l'épave de La Méduse espérant, sans doute, être secourus plus tard ; trois d'entre eux seulement ont été retrouvés en vie, le 4 septembre suivant.
Mais très vite, les chaloupes larguent les amarres les rattachant à la masse considérable du radeau qui part à la dérive. Les chaloupes s'éloignent et l'abandonnent. Certaines vont gagner la terre, les hommes tentant leur chance dans le désert, accablés par la soif, la marche et l’hostilité des Bédouins. Ils arrivent enfin après 15 jours d'errance et plusieurs morts. D'autres chaloupes restent en mer et atteignent Saint-Louis en quelques jours. Dans ces dernières se trouvent le commandant Chaumareys et le colonel Schmaltz.


De leur côté, les marins et soldats du radeau essaient de gagner les côtes mais dérivent. L'équipée qui dura 13 jours fit de nombreuses victimes, et donna lieu à des noyades, mutineries, ainsi qu'à des faits de cannibalisme en raison du manque de vivres comme d'eau potable. Les rescapés (15 hommes sur les 152 personnes embarquées sur le radeau) seront récupérés le 17 juillet par un des quatre navires du convoi, l’Argus qui ramènera 10 d'entre eux à Saint-Louis.


L'incompétence des officiers et les récits autour du radeau provoquèrent une certaine émotion dans l'opinion. Plus largement, le scandale et l'indignation qui suivirent le drame étaient aussi dirigés contre une marine archaïque aux mains des royalistes, qui avaient choisi d'ignorer les apports de l'Empire dans le domaine maritime.
Le commandant de Chaumareys fut condamné, quant à lui, à dix-huit ans de prison.


Le radeau de la Méduse
Géricault commencera son tableau pendant les retentissements provoqués par les révélations des survivants. Pour fixer l'errance des damnés du radeau de La Méduse il a choisi un moment proche du dénouement de la tragédie alors que les survivants aperçoivent L'Argus.
Sujet provocateur, il était considéré comme réaliste voire quasiment journalistique, mais en fait, il s'agit d'une œuvre romantique, ce tableau montre en effet la vie, la mort, l'espoir et le désespoir, d'où le périple d'Alan de Vos, fils du commissaire. C'est une composition classique, les corps sont disposés presque de façon sculpturale et cela représente aussi la société française qui va à la dérive politiquement.
Le Radeau de la Méduse est actuellement conservé au musée du Louvre, à Paris.