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dimanche 4 octobre 2009

L'origine du Bikini

Louis Réard inventa le bikini et le présenta pour la première fois à Paris le 5 juillet 1946 à la piscine Molitor porté par Micheline Bernardini, une célèbre danseuse nue du Casino de Paris.
Il déclara avoir choisi le nom de Bikini en référence à l'atoll du même nom sur lequel, cinq jours auparavant, avait eu lieu une explosion nucléaire. Il espérait que l'effet de mode de ce nouveau produit serait comparable à celui de l'explosion qui venait d'avoir lieu.

Le maillot de bain deux pièces avait toutefois fait de timides apparitions depuis les années 1930-1940.
En 1932, le couturier parisien Jacques Heim avait lancé « Atome », un maillot de bain deux pièces (le maillot avait la taille d'un short) qui remplaçait ainsi le maillot-gaine. Une bataille publicitaire s'engagea alors en 1946 entre Réard et Heim :
- « Atome, le plus petit maillot de bain du monde »
- « Le Bikini, le maillot de bain plus petit que le plus petit maillot de bain du monde»
- « Le Bikini, la première bombe an-atomique ! »

Cependant, comme le montre la fresque ci-contre, ce vêtement était déjà connu depuis l'Antiquité : les archéologues, à partir des années 1920, ont mis à jour, dans la villa de Casale en Sicile, des mosaïques représentant des femmes jouant en bikini.

Le bikini a été difficilement accepté par les autorités morales et religieuses de l'époque. Il n'obtint pas à sa création un véritable succès ; ce fut un choc culturel et le sulfureux maillot de bain fut même interdit sur certaines plages en Europe (par exemple jusqu'aux années 1970 dans les piscines allemandes).

C'est à partir des années 60, avec l'apparition du bikini dans plusieurs films et, surtout, avec le boom touristique, que l'utilisation du bikini devient populaire.
En 1956, Brigitte Bardot le rendit populaire dans le film Et Dieu… créa la femme dans lequel elle le portait en toile vichy. Beaucoup de jeunes filles françaises voulurent l'imiter.
Une chanson à succès lui fut même consacrée Itsy Bitsy Teenie Weenie Yellow Polka Dot Bikini de Brian Hyland, reprise en français par Dalida ainsi que par Brigitte Bardot et Richard Anthony : Itsy bitsy, petit Bikini.

Les USA restent frileux ; on peut lire en 1957 dans le magazine Modern Girl : « Il n'est guère nécessaire de perdre son temps à parler de ce « bikini » puisqu'il est purement inconcevable qu'une fille nantie de tact et décence ne porte un jour une telle chose ». Toutefois, la même année, le Life Magazine publie une photo où Jayne Mansfield pose en bikini.
En 1962, l'actrice Ursula Andress en fait un succès mondial dans le film James Bond 007 contre Dr. No.
Le célèbre bikini blanc fut vendu aux enchères chez Christie's en 2001 pour la somme de 41 250 livres sterling.

samedi 3 octobre 2009

Le pangramme

Un pangramme (du grec pan : « tous » et gramma : « lettre »), est une phrase comportant toutes les lettres de l'alphabet.
Une des finalités d'un pangramme est de tester les machines à écrire. On l'utilise aussi en typographie pour faire des tests de fontes de caractères.

En français, un pangramme ne peut évidemment comporter moins de 26 lettres (42 si l'on compte les lettres accentuées et ligatures de l'alphabet français : à, â, é, è, ê, ë, î, ï, ô, ù, û, ü, ÿ, ç, æ et œ). Si l'on peut atteindre la limite théorique en recourant massivement aux abréviations et aux sigles, le talent consiste à construire une phrase cohérente la plus courte possible, sans lettres solitaires, ni abréviation ou sigle.

Avec un peu d'ingéniosité, il est facile d'en créer sur le modèle des phrases réflexives : « Jugez que ce texte renferme l'alphabet, dix voyelles, k et w. » (Thérèse Amiel).
Mais il semblerait qu'on ne peut créer un pangramme de moins de 30 lettres qu'en rendant la phrase inintelligible.
« Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume » et « Buvez de ce whisky que le patron juge fameux » sont probablement les plus célèbres pangrammes français. En anglais, il s'agit de « The quick brown fox jumps over the lazy dog » (le vif renard brun saute par-dessus le chien paresseux).

Georges Perec allie pangramme et lipogramme dans La Disparition, roman n'utilisant pas la lettre e : « Portons dix bons whiskys à l'avocat goujat qui fumait au zoo ».

vendredi 2 octobre 2009

Iznogoud tout droit sortie d’un épisode du Petit Nicolas

Iznogoud est une série de bande dessinée de René Goscinny et Jean Tabary. Cette série fut créée en 1961 pour le magazine Record dont elle constituait le fleuron principal, sous le titre : Les aventures du calife Haroun El Poussah ; après la disparition de ce magazine, elle continua dans le journal Pilote en 1968.

René Goscinny raconte ainsi la genèse du personnage d'Iznogoud :
« La série Iznogoud est née d'une façon spéciale : elle est curieusement issue du Petit Nicolas que je faisais avec Sempé » (et notamment dans Les Vacances du petit Nicolas).
« J'avais écrit une histoire où Nicolas était en vacances dans une colonie, avec un moniteur qui racontait des histoires aux enfants. Et il leur avait raconté l'histoire d'un méchant grand vizir qui voulait toujours devenir calife à la place du calife : Il y avait une fois, dans un très lointain pays, un calife qui était très bon, mais qui avait un très méchant vizir. Et, lorsqu'on nous a demandé une série à Tabary et moi pour la revue Record, j'ai pensé faire une parodie des Mille et une nuits, en prenant toujours le thème du vizir qui veut devenir calife et qui n'y arrive pas. Et puis j'ai décidé que là je m'abandonnerais à mon péché mignon de trouver les calembours les plus atroces. »

D'ailleurs, Nicolas dit que la suite de l'histoire parle du calife qui se déguise pour voir ce que les gens pensent de lui, c'est en fait l'intrigue d'un épisode d'Iznogoud.

Au passage, Le petit Nicolas, imaginé en 1959 par René Goscinny et illustré par Jean-Jacques Sempé, commémore en 2009 le cinquantenaire de la première publication dans la presse française des histoires de Nicolas.

jeudi 1 octobre 2009

Pourquoi les Pages jaunes sont-elles jaunes?

En 1883, un imprimeur de Cheyenne (Wyoming), à court de papier blanc lors de l'impression d'un annuaire, utilise pour la première fois un papier jaune. En 1886, Reuben H. Donnelly publie le premier annuaire Yellow Pages (« pages jaunes » en anglais).

Pages jaunes est aujourd'hui le nom employé dans de nombreux pays pour désigner un annuaire téléphonique regroupant les coordonnées d'entreprises, qui sont regroupées et triées selon leur activité. Dans plusieurs pays, comme la France ou le Canada, « Pages jaunes » est une marque déposée, ou marque commerciale.

Il faut remonter à l'époque du Moyen-Age, pour retrouver les ancêtres des annuaires : les almanachs.
L'Almanach royal édité à l'origine à l'initiative du libraire Laurent d'Houry, sous l'impulsion de Louis XIV, fait ainsi l'inventaire des hauts fonctionnaires de l'État et des professeurs des universités. Il devient progressivement un « véritable annuaire de l'administration française » et suivra l'évolution des administrations (sous différents titres) jusqu'à sa disparition en 1919.
En 1763 apparaît l’Almanach de Gotha, qui regroupe des informations sur les familles royales d'Europe, et qui sera sous-titré en 1944 Annuaire généalogique, diplomatique et statistique.

Quelques années plus tard, Sébastien Bottin publie l'Almanach du commerce et de l'industrie, et donnera son nom à cette forme de publication, ainsi qu'à d'autres annuaires, comme le Bottin gourmand.
À sa mort, la famille Didot reprend son entreprise et poursuit la publication de l'annuaire. En 1881, la société Didot-Bottin devient une Société Anonyme qui sera cotée en Bourse. En 1903, elle publie le Bottin mondain, premier répertoire français des personnalités du tout-Paris. La rue de Paris où s'installa l'entreprise Didot-Bottin, dans le VIIe arrondissement, porte son nom depuis 1929, et ses locaux sont désormais ceux des Editions Gallimard.