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jeudi 15 avril 2010

Qu’est ce qu’un Coussin berlinois ?

Coussin BerlinoisUn coussin berlinois est un dispositif destiné à ralentir la vitesse des automobiles sans gêner les autres usagers de la chaussée. Pour cela, il est suffisamment étroit, afin de permettre aux cyclistes de passer à droite et aux autobus de passer par dessus sans le toucher avec leurs roues, mais suffisamment large, de façon à ce que les voitures doivent au moins faire passer une roue dessus.

Panneau Zone 30Les coussins berlinois sont notamment utilisés pour faire respecter les zones 30.
La distance d'arrêt d'une voiture roulant à 50 km/h est de 29 mètres, à 30 km/h elle est de 13 mètres (sur chaussée sèche et sans emprise d'alcool). Lors d'une collision avec une voiture roulant à 50 km/h, un piéton n'a que 20 % de chance de survie, à une vitesse de 30 km/h cette chance de survie est égale à 80 %. L'impact lors d'une collision à 50 km/h est égal à une chute libre de 10 m ou de 3 étages. À 30 km/h, l'impact correspond à une chute de 3,5 m ou "seulement" 1 étage. D'où un développement de ces zones dans les endroits à forte circulation piétonne (centre-ville, abord d'école, quartiers résidentiels, etc.).

On les appelle "berlinois" car ils ont été expérimentés pour la première fois à Berlin, ville qui a classé près de 70 % de ses voies en zone 30.

mercredi 14 avril 2010

L’origine du terme « cocktail Molotov »

Un cocktail Molotov est une arme incendiaire artisanale dont le composant principal est une bouteille en verre en partie remplie de liquide inflammable, habituellement de l'essence ou de l'alcool.

Viatcheslav MolotovLe terme "cocktail Molotov" est un hommage ironique des soldats finlandais à Viatcheslav Molotov, ministre des affaires étrangères de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, plus exactement lors de l'invasion de la Finlande par les Soviétiques.

L'armée finlandaise était mal équipée en armes antichars et largement dépassée en nombre contre les chars d'assaut de l'Armée rouge, aussi emprunta-t-elle un dispositif incendiaire improvisé de la Guerre d'Espagne (1936-1939).
Dans ce conflit, les nationalistes du général Francisco Franco avaient utilisé cette arme contre les chars T-26 soviétiques qui soutenaient les républicains espagnols dans un assaut raté près de Tolède : un cocktail Molotov lancé sur un char, en particulier dans la zone du bloc moteur, détruit la machine, la chaleur faisant prendre feu à son réservoir d'essence et fondre certains tuyaux d'alimentation.

Cocktail MolotovQuand Molotov clama dans des émissions de radio que l'Union soviétique ne bombardait pas mais livrait plutôt de la nourriture aux Finlandais affamés, ceux-ci commencèrent à appeler les bombes aériennes soviétiques les "paniers pique-nique de Molotov".
Bientôt ils répondirent en saluant l'avancée des chars soviétiques avec des "cocktails Molotov". D'abord le terme a été employé pour décrire seulement le mélange brûlant lui-même, mais dans l'utilisation pratique le terme a été bientôt appliqué par métonymie à la combinaison de la bouteille et de son contenu.
Cette utilisation finlandaise de cette bombe incendiaire à main se répandit très vite à travers toute l'Europe durant la guerre, malgré les dangers de son utilisation.

La production de ces armes de fortune commença en série dans une distillerie d'État à Rajamäki. Elles évoluèrent, en contenant des capsules d'acide sulfurique qui enflammaient le liquide lors du bris de la bouteille, évitant ainsi au lanceur d'avoir à allumer une mèche. Entre décembre 1939 et mars 1940, cette usine de 92 personnes produisit 542.194 cocktails Molotov.

mardi 13 avril 2010

L’incroyable vie de Marthe Richard

Marthe Richard est née le 15 août 1889 à Blâmont (Meurthe-et-Moselle).
En 1905, elle est inscrite comme prostituée dans les registres policiers.Dénoncée par un soldat pour lui avoir transmis la syphilis, elle fut contrainte de partir exercer à Paris, rue Godot-de-Mauroy où elle rencontra Henri Richer, riche industriel, mandataire aux Halles, qu’elle épousera en 1907.

 Marthe Richard AviationEn 1913, Marthe Richer obtient son brevet de pilote (n°1369). Elle participe à des meetings aériens dont Nantes, Château-Gontier et Pornic et se blesse grièvement le 31 août 1913 à La Roche-Bernard en atterrissant sur un terrain non approprié. Elle passe trois semaines dans le coma et en garde des séquelles à vie.

En 1916 elle se retrouve veuve de guerre. Elle devient, grâce à son amant (jeune anarchiste russe appartenant au Deuxième Bureau), espionne sous les ordres du capitaine Ladoux. Pour approcher l'attaché naval allemand à Madrid, Von Krohn, elle en devient sa maîtresse. En rentrant en France, elle découvre son nom rayé du service et le capitaine Ladoux emprisonné.

En 1926, elle épouse le Britannique Thomas Crompton, directeur financier de la fondation Rockefeller, mécène de la restauration du Petit Trianon, qui meurt subitement en 1928 à Genève. Elle mène alors grand train à Bougival.
Dans les années 30, à la suite de la sortie des Mémoires romancés du Capitaine Ladoux (qui remet en cause ses actions lors de la Première Guerre), elle publie également ses mémoires (sous le pseudonyme de Richard) qui deviendra un best-seller : Ma vie d'espionne au service de la France (adapté au cinéma en 1937) et devient brusquement une héroïne. Sous la pression médiatique, son amant Édouard Herriot, chef du gouvernement de l'époque, obtint le 17 janvier 1933 la légion d'honneur à Mme veuve Crompton.

Alors que pendant la Seconde Guerre mondiale, tout le monde admire son courage, elle n'est pas inquiétée par l'occupant nazi, pour la simple et bonne raison qu'elle est inconnue des services allemands. Vexée par cette indifférence, elle finit par se rendre dans les locaux de la Gestapo où elle déclare : "Messieurs, je suis Marthe Richard, celle qui vous a fait tant de mal au cours de la dernière guerre". L'officier lui fait répéter son nom, qui ne lui dit rien, et pour cause, sa vie d'"espionne" durant la Première guerre n'est que pure affabulation. Elle se rapprocha d'ailleurs de certains membres de la Gestapo, ainsi que de François Spirito, un mafieux marseillais et collaborateur.

Qui Marthe RichardEn 1945, héroïne des deux guerres, elle est élue conseillère dans le 4e arrondissement de Paris et dépose le 13 décembre 1945 un projet pour la fermeture des maisons closes. Marthe Richard obtient gain de cause et passe à la postérité pour avoir suscité la loi de 1946 qui porte son nom, obligeant les maisons closes à fermer. Ceci lui vaudra le pseudonyme humoristique de "Veuve qui Clôt", en référence à la maison de Champagne.

Marthe Richard meurt à 92 ans en 1982 et est enterrée au Cimetière du Père-Lachaise.

lundi 12 avril 2010

L’origine du mot « snob »

Un snob, c'est-à-dire une personne qui fait preuve de snobisme, cherche à se distinguer du commun des mortels. Désireux d'appartenir à une élite, le snob tend à reproduire le comportement d'une classe sociale ou intellectuelle qu'il estime supérieure. Souvent, il imite les signes distinctifs de cette classe, qu'il s'agisse du langage, des goûts, des modes ou des habitudes de vie. En même temps, il traite avec mépris ceux qu'il considère comme ses inférieurs.

L'origine du mot snob est britannique, mais son étymologie exacte prête encore à controverse.
L'Oxford English Dictionary signale la première apparition du terme snab, avec un a, dans un document écossais datant de 1781. Le mot snab désigne alors un cordonnier ou son apprenti. Il n'existe cependant pas de lien attesté entre ce snab, parfois orthographié snob, et l'acception qu'aura le mot snob en Grande-Bretagne une cinquantaine d'années plus tard.
L'explication la plus fréquente se réfère à un argot local en usage parmi les étudiants d'Eton College ou de l'université de Cambridge. A partir de 1815, le Royaume-Uni connut une importante révolution industrielle. Dans cette génération, nombreux furent les fils de la bourgeoisie qui eurent accès à de prestigieux établissements scolaires jusque-là fréquentés essentiellement par les enfants de l'aristocratie. L'appellation de snobs aurait alors désigné ces fils de la bourgeoisie par opposition aux nobs, les enfants de la nobility (noblesse), trop jeunes pour porter un titre nobiliaire et simplement qualifiés de "Honorables" : il importait de bien marquer la différence entre les deux classes sociales. Dans cette hypothèse, l'étymologie de snob correspondrait au latin sine nobilitate (sans noblesse).

Quoi qu'il en soit, dès le début des années 1830 nobs et snobs formaient deux catégories bien distinctes, comme en témoigne un article du Lincoln Herald en date du 22 juillet 1831.
Toutefois, le mot ne passa dans le langage courant qu'en 1848, lorsque parut le très célèbre Livre des snobs de Thackeray, recueil de nombreux articles publiés par cet auteur dans le magazine satirique Punch.
Au cours du XXe siècle le snobisme inspira des études théoriques et pratiques à différents auteurs, parmi lesquels Marcel Proust ou les Anglais Evelyn Waugh et Nancy Mitford.