
Pourtant, Manet revendique dans Le déjeuner sur l'herbe l'héritage des maîtres anciens et s'inspire de deux œuvres du Louvre : Le Concert champêtre du Titien (alors attribué à Giorgione) et Le jugement de Pâris, gravure de Raphaël. Mais dans Le déjeuner sur l'herbe, la présence d'une femme nue au milieu d'hommes habillés n'est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique. La modernité des personnages rend obscène, aux yeux de ses contemporains, cette scène presque irréelle.
Le style et la facture choquèrent presque autant que le sujet. Manet abandonne les habituels dégradés pour livrer des contrastes brutaux entre ombre et lumière. Avec ce tableau, Manet ne respecte aucune des conventions admises, mais impose une liberté nouvelle par rapport au sujet et aux modes traditionnels de représentation.
En 1865, Claude Monet commença à peindre son propre Déjeuner sur l'herbe en réponse à celui de Manet. L'œuvre mesurait plus de quatre mètres sur six et devait constituer un hommage mais aussi un défi à l'égard de Manet. Mais le projet fut abandonné en 1866, juste avant l'inauguration du Salon auquel Monet le destinait.
En 1920, Le peintre raconte lui-même ce qu'il est advenu du tableau : "je devais payer mon loyer, je l'ai donné en gage au propriétaire qui l'a roulé dans sa cave, et quand, enfin, j'ai eu de quoi le retirer, vous voyez si il avait eu le temps de moisir". Monet récupère la toile en 1884, la découpe, et n'en conserve que trois fragments. Le troisième a aujourd'hui disparu tandis que les deux autres sont exposés au Musée d'Orsay.
L'œuvre représente une scène plus socialement acceptable de récréation bourgeoise (on remarque Camille Monet et Frédéric Bazille), mais puisqu'il s'agit d'une démonstration du nouveau style impressionniste, l'accent est plus sur les effets de lumière que sur le sujet comme tel. Le jeu subtil d'ombre et de lumière démontre les avantages de la peinture pleinairiste (représentation de scènes d'extérieur, s'attachant plus ou moins aux jeux de la lumière naturelle) et contraste avec la lumière d'atelier peu naturelle de Manet.

En 1920, Le peintre raconte lui-même ce qu'il est advenu du tableau : "je devais payer mon loyer, je l'ai donné en gage au propriétaire qui l'a roulé dans sa cave, et quand, enfin, j'ai eu de quoi le retirer, vous voyez si il avait eu le temps de moisir". Monet récupère la toile en 1884, la découpe, et n'en conserve que trois fragments. Le troisième a aujourd'hui disparu tandis que les deux autres sont exposés au Musée d'Orsay.

Une étude complète du tableau originel est au Musée Pushkin (Moscou).
Merci pour ce brin de culture qui me fera briller j'en suis certain.
RépondreSupprimer